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que, ayant capitulé, l’Allemagne a pu garder intactes ses
usines prêtes à fonctionner immédiatement et utilement.
/ndustricllement et commercialement, entre la
l'rance ct la Prusse, pour le moment, la victoire est à
cette dernière ».
Voilà ce que, en visitant, aujourd’hui, les immenses
établissements industriels de Sarrebrück et des environs,
les Français, dépouillés et ruinés, ne sauraient perdre de
vue : il y va de l’avenir de la France. Les victoires militaires
les plus glorieuses ne sont que fumée vaine si
elles n’assurent pas, après guerre, la sécurité du vainqueur,
ses avantages économiques, en même temps que la
réparation complète des dommages qui lui ont été causés.
Ces destructions de l’arrière, perpétrées avec caleul,
persévérance et méthode, dans les usiniès et fabriques de
nos départements du Nord et de l’Est envahis, étrangères
et inutiles aux opérations militaires, furent des
actes officiels et réfléchis. Elles ne sauraient être assimilées
aux réquisitions militaires; dans les Codes de
tous les peuples 'civilisés, ces destructions de propriétés
privées sont considérées comme «des crimes
de droit commun. Dans le plan des Allemands,
ces crimes prémédités devaient ‘avoir pour effet de
faire profiter les industries allemandes de notre
outillage transporté en Allemagne. Du même coup,
la France dépouillée, calculait-on, serait mise, pour
une longue période d’années, dans l’impossibilité matérielle
de lutter, sur le marché mondial, contre les produits
de l’Allemagne dont les usines, demeurées intac
tes, bénéficieraient en outre, comme moyens de produetion,
de l’outillage français.
Dans son rapport du 31 janvier 1915 à la Société par
actions qui a eu l'incroyable impudeur de se constituer
pour l'exploitation de ces usines volées et transférées en
Allemagne, le docteur Schrôdter a déclaré : « Les usines
françaises que la guerre avait jusqu’ici ménagées seront,
après ces réquisitions, désorganisées pour de longues
années. » Au Reichstag, le docteur Stresseman a prononcé
ces mots cyniques : « Lie pillage, comme disent les
Français, effectué dans les usines textiles et mécaniques.