chiffonniers et des maraudeurs loqueteux de tous les
pays. Déjà avant 1870, les ambulants des roulottes et les
va-nu-pieds de Forbach et de Sarreguemines s’en venaient
jusque dans les villages de la Champagne, tas de
mendiants se livrant plus ou moins à de petits travaux
de vannerie, rôdant autour des fumiers pour y ramasser
les vieux chiffons et les 0s, déchets des cuisines.
Malheureusement, ce surpeuplement cosmopolite des
centres industriels a eu sa répercussion sur la population
indigène jusque dans les cantons ruraux les plus
éloignés, tels que ceux de Boulay, de Faulquemont, de
Sarrebourg. Le petit artisan et l’ouvrier de la forêt et
des champs se sont laissé prendre à l'attrait fascinateur
de la ville et de l’usine.
Pas un village dont la population n’ait cessé de diminuer
depuis trente ans. Une fois accompli le service
Militaire qui les déracine une première fois, les « journaliers
» et tout le personnel des petits métiers ruraux,
émigrent de plus en plus vers les cités de l’industrie. Ce
courant néfaste a entraîné avec lui la disparition de la
tradition lorraine et française : « Ce qui s’implante à
la place, a remarqué Vidal de Lablache, c’est un nouveau
genre de vie avec toutes ses conséquences. Il y avait
là des villages ruraux vivant à leur aise en petites communautés
die 200 à 300 membres, sur des surfaces généralement
inférieures à 500 hectares, disposant de lots morcelés
en terres cultivables, bois et pâturages communs.
Là où s’est installée l’usine, l’ancien village rural a été
englouti »
Là où il y avait un hameau de 200 habitants, on .voit
aujourd’hui une ville de 10.000 âmes. Ces anciens villages
de cultivateurs et de vignerons ne sont plus euxmêmes
et leur passé leur devient étranger. L'élément
indigène est submergé, sa physionomie dénaturée, sa
tradition étouffée, ses mœurs originales et sa constitution
sociale altérées. La vieille Lorraine ge meurt, disaiton
de cette région de la Sarre et même du pays Messin,
avant la guerre actuelle.
Celà n’était vrai qu’à la surface. imposé par lea