Full text : Histoire abrégée de Sarrebrück et de ses mines

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Deux gigantesques « Centrales électriques », installées
a Louisenthal et à Heinitz, desservent toute la contrée.
Comnie dans tous les centres miniers et industriels, mais
avec plus d'intensité et d'animation que dans la plupart
d'entre eux, au matin de chaque jour, trains de chemins
de fer et tramways électriques, accourus de toutes parts
et du plus lointain horizon, déversent à la mine ou à
l’usine des escouades d’ouvriers, habitants de la campagne
 lorraine. Les plus rapprochés viennent en bicyclette;
 ceux qui sont des villages les plus éloignés arrivent
 le lundi et ne s’en retournent que le samedi. Les
étrangers au pays sont logés à demeure avec leur famille
par les Compagnies dans des corons, cités ouvrières uniformément
 laides, avec leurs alignements de maisonnettes
 banales, toutes semblables, mais propriettes, et leurs
jardinets à légumes : l’homme a perdu son individualité
et n’est plus qu’un numéro.
À la mine, les chefs de chantiers ou portons, sont généralement
 d'anciens /eldiwebels, formés à l’école pratique
 installée pour eux à Sarrebrück.
Aussi, le voyageur curieux des choses d’art et des restes
archéologiquies n’a-t-il rien à voir dans cette région où
les cheminées d’usines, remplaçant les beffrois et les
flèches des cathédrales se dressent accumulées comme les
mâts des navires à l’ancre dans un port gigantesque.
Le château reconstruit des comtes de Sarrebrück,
banal et sans style, est devenu le Bureau central des
Mines; seule, l’église du lointain faubourg de Saint-Arnual,
 du début du x1v° siècle, vaut une excursion; elle
renferme les intéressants tombeaux en sculptures peintes
des comtes de Sarrebrück.
Nous voyons, par ce qui précède, comment une population
 jadis adonnée à la culture d’un sol maigre et
pauvre, à l’élevage du bétail, à l’exploitation des forêts,
aux petites industries du bois, s’est trouvée arrachée à
sa tradition ancestrale et emportée dans un tourbillon
social comparable à une maladie endémique: La houille
lui à substitué la cohue, « le camp volant » instable et
banal des mineurs et des ouvriers d’usines, encadré d’un
formidable état-major d’industriels, de commerçants,
            
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