On voit, ajoute M. Tribot-Laspière, que l'industrie
sidérurgique de la Sarre n’est pas indépendante et
qu’elle est intimement liée à celle de la Lorraine et du
Luxembourg. Notre ancienne.« Lorraine annexée » ct
le bassin de la Sarre ne sont, au point de vue industriel,
que deux portions d’un tout inséparable. C’est en Lorraine
principalement que les usines de la Sarre s’alimentent
de minerai de fer (la minette déphosphorée).
Elles en reçurent 3.400.000 tonnes en 1913. C’est dans le
bassin de la Sarre que les salines de la région de Nancy
s’alimentent de houille.
« Le bassin de la Sarre avec ses charbonnages et celui
de Briey avec ses minerais, écrit, à son tour, M. l’ingénieur
G. Babin, si intimement liés au point de vue
économique que les Allemands les déclaraient inséparables,
indivisibles, et qu’ils ambitionnaient de les réunir
en leurs mains, — ne font qu’un aussi, au point de vue
géologique : c’est le bassin de Sarre-et-Moselle. Déjà,
une des exploitations minières, autour de Spittel, porte
ce double nom. Le rêve qu’ils avaient conçu, c’est à nous
que la fortune des armes peut permettre de le réaliser.
Ceux d’entre eux qui ont gardé quelque fidélité à la logique,
se résignent à cette solution; des industr’els qui
avaient signé, en avril 1915, le fameux manifeste des
« Annexionnistes » où elle fut préconisée, faisant aujourd’hui
contre mauvaise fortune bon cœur, avouent dans
l'intimité : « Nous sommes pris à notre piège, et, le bas-«sin
de Briey demeurant décidément français, eh
« bien !…. nous demandons à saivre le sort du bassin
« de Briev. »
D’après l’enquête toute récente faite sur place par
M. l’ingénieur G. Babin, à Dilling, il y à quatre hauts
fourneaux, une aciérie Thomas, une aciérie Martin de
dix fours, et 120 fours à coke, une fabrique de rails, de
poutrelles, de tôles, qui emploient 6.500 ouvriers.
À Brebach, il y a cinq hauts fourneaux avec 3.500
ouvriers; on y fabriquie des coussinets de chemin de fer,
des tuyaux, des fontes moulées.