Ju
et le plus redoutable arsenal du pangermanisme. L’esprit
public de la foule débonnaire a été lui-même intoxiqué
par le virus prussien.
Dans cette région moyenne de son parcours, la Sarre
s’achemine vers la Moselle à travers un terrain marnopréseux,
traversant de biais le bassin houiller, entre des
hauteurs boisées qui se prolongent, de ce côté-ci, par la
forêt de Forbach, et du côté du Palatinat par les collines
du Westrich, pays mamelonné, dont les centres principaux
: Saint-Ingbert, Neunkirch, Ottweiler, Saint-Wendel,
jadis médiocres bourgs agricoles et forestiers, sont
aujourd’hui transformés en grosses cités minières et
ouvrières.
Le grand affluent de la Sarre, sur sa rive droite, est la
Blise (Blies), dont la source est dans les gorges boisées du
Schaumbourg, célèbre par son château, ses gisements de
minerai de fer, de cuivre; de plomb, de cinabre, let aussi
par son abbaye mérovingienne de Tholey qui appartenait
aux évêques de Verdun.
La Blise se précipite len avalanche de cette contrée
sauvage, droit vers le Sud, arrosant Saint-Wendel,
Ottweiler, Neunkirch, Finôd, Bliescastel, l’ancienne
résidence des comtes de La Leyen, pour atteindre enfin
la vaste plaine nue où elle a son confluent avec la Sarre,
après un parcours de 90 kilomètres. En route, elle s'est
grossie de l’Ersach qui baigne le château de Hombourg,
et du Schwarzbach qui vient de Deux-Ponts, le « petit
Paris » de Gœthe.
Après avoir traversé Sarrebrück et accueilli la Rosselle,
la Sarre glisse entre Vôälkling et Geislautern; à son
confluent avec la Bist qui vient de Differten, se trouve
Wadgasse, jadis abbaye de Récollets, sécularisée à la
Révolution, puis transformée en une grande cristallerie.
En aval de Sarrebrück, la Sarre passe à Sarrelouis,
puis à Vaudrevange. Au-dessous de la grosse agglomération
industrielle de Dilling, elle accueille la Prims
(ou Brems) qui descend du Hochwald, le dernier contrefort
occidental du Hunsrück.