Jours. DI Ge à quoi nous assistons devait se renouveler
après trente ans de travail et d'efforts scientifiques, il y
a dans cette salle, croyez-moi, des hommes et des femmes
qui pourraient vivre assez pour assister ä la mort de la
civilisation ».
[I. — Les mines du bassin de la Sarre
Avant la guerre de 1870, Sarrebrück n’était éloignée
que de trois bons kilomètres de la ligne frontière imposée
à la France par les traités de 1815. Ses industries
encore peu développées, son bassin houiller peu exploité,
n’attiraient guère l’attention du public français,
lorsque son nom retentit soudain, le 2 août 1870, comme
un coup de tonnerre précurseur d’un grand orage.
Assise sur la rive gauche de la Sarre, au pied de
hautes collines, à égale distance de Sarrelouis au nord
et de Sarreguemines au sud, Sarrebrück compte aujourd’hui
avec ses faubourgs 120.000 habitants; elle en avait
25.000 en 1870, let 20.000 en 1815, quand on la fit prussienne.
On évalue la densité de la population de l’arrondissement
de Sarrebrück à 400 habitants au kilomètre
carré. Cette constatation brutale de la démographie ne
saurait avoir pour cause unique la vertu prolifique de
la race; elle montre jusqu’à quel point l’élément lorrain
ds la population, c’est-à-dire les habitants de vieille
souche sarrebrückoise, se trouve submergé par l’afflux
immodéré des immigrés. Les Allemands d’outre-Rhin
se sont précipités comme des loups sur cette portion de
la vallée de-la Sarre, pour en exploiter les richesses
minières, y construire des usines colossales, ou bien pour
y tenir garnison et attendre de Berlin le signal de l’invasion
de la France. Ils y ont attiré de véritables armées
d’ouvriers, non seulement de tous les coins de l’Allemagne,
mais italiens, belges, polonais, bohémiens et autres
nomades de la civilisation moderne : le pays est métamorphosé
socialement et physiquement. Les grands patrons,
appuyés «zur de puissantes banques internationales,
ont fait de Sarrebrück, avant la guerre, le principal