nomique. Qu'on en juge par les progrès de son exploitation
minière durant les cinquante dernières années:
c’est l’impressionnante éloquence des chiffres :
« En 1870, dit M. de Launay, l’ensemble de l'Allemagne
produisait 24 millions de tonnes de charbon; en 1880,
50 millions, en 1890, 90 millions; en 1900, 150 millions:
en 1908, elle à atteint 215 millions; en 1912, 255 millions:
en 1913, près de 279 millions .»
De ces fabuleux amoncellements de houille, let aussi de
lignife, extraits des mines, sont sortis, en 1912, 22 m°llions
de tonnes de coke, 550.000 tonnes de goudron, 244.000
tonnes de sulfate d’ammoniaque, 14 millions de tonnes de
fonte. L’Allemagne n’a-t-elle pas là de quoi alimenter les
industries du monde entier ?
Comment n’eut-elle pas été prise de vertige ! Au moment
de la déclaration de guerre, elle constatait avec
un orgueil triomphant, comparativement à ses richesses,
qu’en 1913, la France tirait à peine de l’ensemble
de ses mines de houille 41 millions de tonnes, et qu’elle
était obligée, pour les besoins de ses industries, d’en
importer 22 millions de l’étranger, d’où, pour elle, une
dépense de plus de 500 millions qui allaient enrichir les
Allemands et les Anglais.
De ce fait, écrit un ingénieur français particulièrement
compétent, M. Tribot-Laspière, dans le Génie civil
(uillet 1917), la conséquence est double. D'abord, nous
sommes forcément sous la dépendance économique des
grands pays fournisseurs de charbon, c’est-à-dire de
l’Angleterre et de l’Allemagne (des Etats-Unis peut-être
dans l’avenir). Ensuite le prix moyen de notre combustible
est forcément plus élevé, car il lest fortement
influencé par le prix à l'importation, qui est sensiblement
plus élevé que le prix des mines françaises : en
1913, ce prix moyen a été de 20 francs la tonne, alors
qu’il a été seulement de 12 fr. 50 en Angleterre et de
14 francs en Allemagne. Il ne faut pas chercher ailleurs
là cause profonde des difficultés qui ont entravé le -développement
de notre industrie. Celle-ci est, tout entière,
paralysée dans son essor par l'élévation de son prix de
revient. »