Full text : Histoire abrégée de Sarrebrück et de ses mines

pourtant, un ouvrier, père de famille, resta. Le quatrième
jour de la mobilisation, à cing heures du matin, on vit
arriver un caporal et deux soldats armés de leurs fusils.
Le caporal tenait à la main une feuille signalétique
établie avec la précision détaillée qu’apportent les Allemands
 dans cette sorte de papiers : Un tel, telle rue, tel
numéro, tel étage, porte à droite ou à gauche de l’escaler.
 Les trois soldats pénètrent dans la maison, .montent
 rapidement sans hésiter et sans ‘ rien demander,
jusqu’au troisième étage; le caporal frappe vigoureusement,
 porte à gauche. On répond de l’intérieur : « Qui
est là ? — Ouvrez au nom de la loi militaire ». L’homme
était couché avec sa femme; les enfants dans la chambre
voisine sont réveillés en sursaut. « Vous êtes mobilisé;
vous deviez-vous rendre au dépôt le premier jour. — Oui,
caporal. — Pourquoi n’êtes-vous pas parti! — (Pas de
réponse.) — Nous sommes aujourd’hui au quatrième
jour; vous êtes déserteur. Habillez-vous vite et suivezmoi.
 » L’homme se lève et suit les soldats, sans prendre
le temps seulement de jeter un regard sur sa femme et
ses enfants apeurés. On descend. Arrivé au seuil de la
maison, le caporal prend doucement l’ouvrier par le bras,
lui fait traverser la rue et lui dit : « Restez là ». Aussitôt,
 lui-même s’éloignant de quelques pas, fait un geste;
ses deux compagnons mettent en joue et le malheureux
bombe foudroyé, presque à bout portant. Les trois soldats
 s’éloignent, abandonnant le cadavre dans la rue,
pour servir d’ex-mplie aux habitants du quartier.
            
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