Henri Bôcking obtint, sans tarder, sa récompense. Le
traité de Vienne est du 20 novembre 1813 : dès le 1° décembre,
il fut nommé entrepreneur général des mines de
l'Etat, dans le bassin de Sarrebrück. Le gouvernement
prussien le combla d’honneurs, en même temps qu’il parvenait,
comme les Stumm, à une grande fortune, dans
cette ville de Sarrebrück dont ces gens-là — c'est vrai —
inaugurèrent la grande prospérité économique. Mais
n’avons-nous pas le droit de dire que nous l’avions préparée
! Dans ce domaine comme dans bien d’autres, les
Allemands se sont substitués à nous, par ruse, trahison
et violence.
Henri Bôcking mourut à Bonn, le 6 mai 1862, à l’âge
de soixante-dix-sept ans, entouré de la vénération de
tous les Prussiens. Il avait le titre prussien d’Inspecteur
général royal des mines (Ränagliche Ober-Bergrat). Mais
bien des Allemands n’étaient pas satisfaits de l’œuvre
qu’il avait accomplie; les Bavarois, entre autres, avaient
espéré, len 1815, une plus large part dans le Palatinat.
Un jour, le roi Louis 1% de Bavière, rencontrant
Bäcking, l’aborda par ces mots : « Ah! vous êtes l’homme
qui a été la cause que Sarrebrück n’a pas été annexé à
la Bavière ». Quant aux Stumm, ce n’est un secret pour
personne que leur fortune est devenue colossale en peu
d'années; en l’an XI (1802-3), ils payaient seulement
626 fr. 60 de contributions!
L’immense établissement de Neunkirch, installé dans
l'ancien château des comtes de Sarrebrück, est dèvenu
le siège de la Firma von Stumm, Gebrüder. Ils furent
honorés du titre de Aaron et de l’amitié particulière des
Hohenzollern. Avant la guerre de 1914, plusieurs de
leurs descendants goûtaient fort les plaisirs de Paris;
ces officiers prussiens venaient, à chaque printemps, promener
sur nos boulevards, avec leur curiosité d’espions.
leur morgue de parvenus.