Full text : Histoire abrégée de Sarrebrück et de ses mines

français la remise des travaux graphiques exécutés par
ies ingénieurs de notre Ecole de Geislautern, et en particulier
 l’Atlus de prospection dressé de 1807 à 1812 par
Duhamel et Calmelet. M. Engerand a retracé l'émouvant
 récit des précautions que prirent nos ingénieurs
pour soustraire ce précieux Atlas aux recherches de
Justus Grüner, puis à celles des autres agents prussiens.
L'ingénieur Th. de Gargan l’emporte, la nuit, chez Villsroy,
 à Vaudrevange, et tous deux, au risque: d’être
emprisonnés, peut-être passés par les armes, cachent,
comme un trésor, ce recueil précieux qui contient le
secret des recherches minières de la contrée.
Ils informèrent le Gouvernement français et celui-ci
fit longtemps la sourde oreille aux impudentes réclamations
 des Prussiens. Ce fut seulement deux ans plus
tard, en juin 1817, que le ministre français envoya
Th. de Gargan reprendre, chez Villeroy, l’Atlas qui fut
enfin, moyennant certaines concessions dans les règlements
 de la frontière, livré à la Prusse.
La lettre-décharge de cette remise des plans des mines
de Sarrebrück au commissaire prussien Weiskirch, datée
du 30 juillet 1817, est encore conservée aux Archives
nationales. Elle énumère en détail les pièces et les
registres cédés, et cette nomenclature suffit à faire
apprécier l'importance de l’œuvre française; elle comprend
 aussi les travaux de prospection exécutés dans le
bassin minier d’Eschweiler (Aix-la-Chapelle). .
Les Prussiens possédaient donc de qu’ils avaient
convoité pendant si longtemps et cherché à dérober. Ils
pouvaient, désormais, en se servant du travail de
l'Ecole française de Grislautern, se mettre en toute
sûreté et sans délai, — ceci au profit de la maison
Stumm, — à l'exploitation du terrain exploré. Ils
étaient assurés, enfin, que des concessionnaires français,
bien informés techniquement par l’Atlas, ne viendraient
pas faire concurrence à Stumm, à Bôcking et aux nouveaux
 concessionnaires allemands. Nos ingénirurs,
comme le remarque M. Engerand, avaient travaillé pour
le roi de Prusse. Ils pouvaient répéter tristement le vieil
adage virgilien : Sic‘ vos, non vrobis….
            
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