Full text : Histoire abrégée de Sarrebrück et de ses mines

Bitche, Landau, mais toute l'Alsace, toute la Lorraine.
Et comme ils savent les Alsaciens et les Lorrains très
attachés à la France, le Prussien Gagern, représentant
de la Hollande, suggère à Metternich le recours à la
contrainte brutale. « L’archiduc Charles me paraît, ditil,
 le 16 juillet, le plus propre à venir à bout des Alsaciens
 et des Lorrains »
Humboldt, pris, tout de même, de quelque serupule,
répond à Gagern : « Pour l'Alsace, c’est contre les
engagements pris à Vienne. La nation anglaise y verra
un manque de bonne foi. On a dit qu’on ne faisait la
guerre que contre Bonaparte, et qu'on ne voulait pas
faire une guerre de conquête ».
Bref, quand le parti de dépouiller et de démembrer
la France l’eut emporté dans les délibérations du Congrès,
 Talleyrand protesta, au nom de Louis XVITI, dans
les termes suivants :
« Les Puissances alliées n’ont pas un instant cessé de
reconnaître Sa Majesté très Chrétienne comme roi de
France. Elles n’ont pas cessé d’être avec Elle dans des
relations de paix et d’amitié, ce qui seul emporterait
avec soi l’engagement de respecter ses droits. Elles ont
pris cet engagement d’une manière formelle, bien
qu’implicite, dans leur traité du 25 mars 1815. Elles l’ont
rendu plus étroit en faisant entrer le Roi, par son acces
sion à ce traité, dans leur alliance contre l’ennemi commun;
 car si l’on ne peut conquérir sur un ami, à plus
forte raison ne le peut-on pas sur un allié… »
On sait que l’empereur de Russie, Alexandre, s'opposa
au projet de complet démembrement dressé, par l'Etat
major prussien. Quelques Allemands reconnurent que les
prétentions de leurs diplomates et de leurs hommes de
guerre étaient excessives et injustifiées. L’historien allemand
 Schaumann écrira plus tard avec un embarras
non dissimulé : « Chaque Français aurait senti la
honte d’une cession de territoire au plus profond de
l’âÂme, comme une atteinte à l'honneur nationalz car
l’aménagement intérieur de la France est tel que le
Béarnais tient de plus près à l’Alsacien que, chez nous,
            
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