En adhérant au pacte d’alliance au nom du roi
Louis XVIII, Talleyrand eut soin d’y faire mentionner
le maintien de l’ordre de choses établi par le traîité
du 30 mai 1814. Ce n’est qu’à cette condition expresse
que Louis XVIII entre dans la coalition contre Napoléon,
et cette déclaration du plénipotentiaire français
fut agréée par toutes les Puissances. C’est aussi ce que
le gouvernement provisoire, installé à Paris après la
seconde abdication de Napoléon, -s’empressa de rappeler
aux gouverains étrangers.
Mais ceci ne faisait point l’affaire des Prussiens qui,
suivant les habitudes séculaires de leur diplomatie,
n’avaient cure de tenir leurs engagements, du moment
que le sort des armes leur donnait les moyens d’y manquer
impunément.
Dominés par eux, cédant à la violence de langage de
leur soldatesque, dont la conduite, pourtant, les scandalise
jusqu’à l’écœurement, les plénipotentiaires
reprennent leurs travaux sur la base d’un nouveau
démembrement de là France. Ce fut une crise prolongée
dans les négociations. Seuls, l'Empereur de Russie et les
représentants de l’Angleterre se montrent animés, visà-vis
de la France, d’un sentiment d’équité et ont le
souci de respecter leurs engagements. Leurs déclarations
sont formelles. Capo d’Istria, le plénipotentiaire russe,
écrit, le 28 juillet 1815 : « Les Puissances alliées, en prenant
les armes contre Bonaparte, n’ont point considéré
la France comme un pays ennemi {Déclaration du
13 mars; Traité du 25 mars; Déclaration du 12 mai).
Maintenant qu’elles occupent le royaume de France, elles
ne peuvent donc y exercer le droit de conquête. Le motif
de la guerre a été le maintien du traité de Paris, comme
base des stipulations du Congrès de Vienne ».
Mais les plénipotentiaires prussiens, Hardenberg tt
Humboldt, poussés par Blücher, Gneisenau, Grüner,
Bäcking, sont sourds à-la voix de l’équité. Ils veulent un
nouveau partage de la France et ils entraînent dans
leurs vues les représentants des Pays-Bas et de l’Autriche.
Ce qu’ils réclament pour l’Allemagrie est fantastique
: non seulement Thionville, Sarrelouis, Sarrebrück,