Full text : Histoire abrégée de Sarrebrück et de ses mines

vité, de négocier l'annexion de Sarrebruück à la Prusse.
Soutenu par l’administrateur Justus Grüner qui l’avait
rejoint, appuyé sur la force brutale des armées et sur
la force morale des négociateurs prussiens, il pouvait,
cette fois sans crainte, poursuivre son œuvre de renégat
et dédaigner l’opinion commune des habitants de Sarrebrück.
 Il apportait, en particulier, à Gneisenau et à
Stägemann, les renseignements les plus abondants sur
les richesses du bassin minier et son importance pour
la Prusse. Parmi ses perfidies, nous trouvons un étrange
argument : les Français, prétend-il, connaissent si mal
le bassin minier de Sarrebrück et ils s’en sont si peu
occupés, qu’ils avaient formé le projet de vendre cette
immense source de richesse nationale pour la somme
d’un million. — Si ce n’est pas là une pure invention da
Bôckiag, à quoi peut bien faire allusion cette assertion
absurde, venant après les grands travaux de l’Ecole de
Geislautern ! Nous ne pouvons le savoir. Peut-être, après
tout, s’agit-il d’un projet de vente remontant à l’époque
de désordre où les biens nationaux étaient adjugés à vil
prix; en tout cas, Bôcking démasque une fois de plus la
préoccupation d’intérêts privés qui était au fond de tous
ses agissements.
Encouragé, il élargit tout de suite son appétit et il
excité les convoitises territoriales de la Prusse. Le
mémoire qu’il remet à Hardenberg, en août 1815, porte :
« La ville de Sarrebrück a beaucoup d'importance,
comme étape de commerce, pour les pays prussiens situés
en aval et elle en aurait davantage encore si, par la
possession des petites forteresses de Thionville et de
Sarrelouis, la Moselle et la Sarre étaient assurées au
commerce prussien ».
Très habilement, Bôcking attise la convoitise des
Prussiens sur Sarrebrück au point de vue financier et
économique et montre le parti commercial qu’ils en
pourraient tirer. « Si Sarrebrück est donné à la Prusse,
dit-il, la France sera forcée de tirer son acier des Etats
prussiens et de diminuer les droits d’entrée, au grand
avantage des fabriques du pays de la Mark et du Bas
Rhin. »
            
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