sur son rôle, BôckIng ne fait que démasquer sa perfidie
et nous révéler la fâcheuse opinion qu'on avait de lui et
de ses intrigues intéressées.
Enfin, il imagive de se faire déléguer, avec le notaire
Lauckhard, par le Conseil municipal, pour aller porter
à Paris la pauvre pétition du 11 juillet et la faire valoir
auprès des négociateurs de la paix comme étant l’expression
des vœux de toute la ville. Bôcking et son compagnon
quittèrent Sarrebrück le 23 juillet; dans les pre
miers jours d'août, ils étaient à Paris.
Mais à peine les deux délégués se sont-ils éloignés de
Sarrebrück, qu’un mouvement de protestation se manifeste
dans la population de la ville contre eux et le rôle
qu'ils s’attribuent. Nous en trouvons un écho bien net
dans la Gazette de France du jeudi 21 septembre 1815.
La Gazette était alors l’organe principal des royalistes
français. On y lit : « Tous les gens honnêtes de la ville
de Sarrebrück, et principalemwent toute la classe commerçante,
désavoue formellement une soi-disant députation
dont les démarches auprès des Puissances alliées
tendraient à la réunion de Sarrebrück à l’Allemagne.
Cette députation est composée de deux individus, dont
l’un (Bôcking), tout à fait étranger à cette ville, a
constamment été grand partisan du tyran Bonaparte, et
ce n’est que par l’amour qu’il lui portait, qu’il obtint,
lors de sa toute-puissance, des lettres de naturalisation.
Ces deux individus, du reste, sont des imposteurs:; leur
mission n’avait pour but que d'obtenir une diminution
sur les contributions imposées à la ville ».
Ainsi, malgré les circonstances tragiques qu’ils traversent,
le malheur des temps, leurs espérances déçues,
l’angoisse qui les étreint, les Sarrebrückois restent
fidèles en masse: ne diraït-on pas, en vérité, que les survivances
gauloises, gallo-romaines, franques, austrasiennes,
lotharingiennñes sont dans le fond des âmes et
les dominent à leur insu ?
Ce furent là, bien entendu, des protestations vaines let
sans écho. A Paris, Bôcking, racontent les historiens
allemands d’aujourd’hui, dans l'intention de lui en
faire gloire, Bôcking s’occupa avec une infatigable acti-