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pour aller à Cologne, et ce départ inopiné a tout l'air
d’une fuite ou d’un voyage de conspirateur; il fut sans
doute l’un et l’autre. Il avait poussé l'audace jusqu’à
mettre hâtivement en vente les matières ouvrées ou non
ouvrées qui furent confisquées à l'Ecole de Geislautern.
À Cologne, Bôcking rejoignit, à l’hôtel Zum Karserlichen
Hofe, Stägemann, l’un des promoteurs du Z'ugendbund,
devenu conseiller d’Etat et le principal collaborateur
du chancelier Hardenberg. Poète à ses heures,
Stägemann composa alors un morceau patriotique qu’il
dédia à Bôcking. La dédicace est datée du 30 juillet 1814,
c’est-à-dire lorsqu’il n’y avait plus d’espoir apparent
que le rêve des deux conspirateurs, de faire annexer Sarrebrück
à la Prusse, put être réalisé
Mais voici qu’en mars 1815, Napoléon, brisant soudain
ses chaînes, revint de l’île d’Elbe : c fut la période
néfaste des Cent Jours. Nous allons voir Bôcking se
remettre en campagne et renouer ses intrigues.
; IV. — Sarrebrück pendant les Cent Jours.
Henri Bôcking à Paris
Dès le jour où parvient à Sarrebrück la nouvelle du
débarquement de Napoléon au golfe Juan, le premier
mars 1815, les habitants s’empressent, comme ceux de
Sarrelouis, d’arborer le drapeau tricolore sur tous les
monuments publics. Les jeunes filles se mettent à l’envi
à confectionner des cocardes tricolores. Les cloches sonnent;
dans toutes les églises catholiques et protestantes,
on chante le 7e Deum et des cantiques d’action
de grâces : ce fut comme l’écho lointain de la clameur
immense qui avait escorté, à son retour, le vainqueur
d’Iéna et de Friedland.
L’ancien maire Rupied fut appelé à reprendre ses
fonctions. Le Conseil municipal se réunit à l'hôte! de
ville; après avoir reçu le serment d’obéissance et de fidé-