Dans la région de la Sarre, le traité du 30 mai 1814
laissait à la France les cantons de Relling, Sarrelouis,
Puttelange, Vôlkling, Sarrebrück, Saint-Arnual, c'’està-dire,
d’une part, toute la rive gauche de la Sarre,
jusqu’à Fremierstrof, au bas de l'embouchure de la Nied,
et, sur la rive droite de la Sarre, à partir de Sarreguemines,
Rilching, Klein-Blittersdorf, Feching, Bichmichlein,
Scheidt, Dudweiler, Quierschied, Haustadt, Merching
près Merzig, et tout le pays compris en deçà de la
ligne de villages que nous venons de tracer à vol d’oiseau.
Mais la nouvelle frontière nous enlevait Saint-Ingbert,
Neunkirch, Ottweiler, Saint-Wendel, Tholey,
Lebach, Lahach, Limbach, Betting, Kôrprich, Sarwelling,
Nalbach, Bietzen, Merzig et les deux rives de la
basse Sarre depuis Feching et Fremerstrof
Si les négociateurs des Puissances alliées nous laissèrent
Sarrebrück, Sarrelouis et leurs environs, ce fut
surtout parce que les populations de cette région de la
Sarre étaient en étroite communion de vie économique
et sociale avec celles de nos départements de la Meurthe
et de la Moselle. Elles vivaient étroitement mêlées, même
par les liens de famille; elles prospéraient par les mêmes
industries; elles se complétaient, se pénétraient en échangeant
leurs produits naturels ou manufacturés. Elles ne
pouvaient, semblart-il, se passer les unes des autres; le
charbon de Sarrebrück alimentait les salihes de Dieuze,
de Château-Salins et de tout le Saulnois. Un rapport de
l’époque révolutionnaire adressé’ par les notables de
Sarrebrück aux représentants du peuple, atteste que « le
commerce, l’échange de nos fers, disent-ils, de nos bois
et de nos houilles contre les produits des manufactures
françaises, ont cimenté et entretenu l’attachement des
Nassauviens pour les Français ». Ainsi, nul ne saurait
le contester, en quotidiennes relations d'affaires, ces
populations lorraines, de même origine ethnique, — les
Médiomatrices, — et implantées séculairement sur le
même terroir, étaient solidaires les unes des autres, à tel
point que personne ne songeait à les séparer. Metz était
leur centre commun; elles avaient toutes des sentiments