JL
Une fois nos frontières franchies de toutes parts par
les armées ennemies, dès le mois de janvier 1814, les
Alliés, jetant le masque, estimant désormais qu’il était
superflu de cacher leurs véritables Projets, annoncèrent
que leur intention était de ramener la France aux limites
qu’elle avait avant les conquêtes de la Révolution.
Napoléon, qui luttait pied à pied, déclara qu’il ne consentirait
jamais au démembrement de la France; il préféra
abdiquer plutôt que de sauver son trône par l’abandon
de la limite du Rhin. Dès lors, ce fut la France, et
non plus l'Empereur qui fut mise au ban de l’Europe
coalisée. Les Alliés, maîtres de son sort, décidèrent de la
ramener aux limites qu’elle avait au 1% janvier 1792, afin
d’effacer toute l’œuvre territoriale de la Révolution et de
l'Empire; ils respectèrent cependant cette œuvre en ce
qui concernait les princes de la Confédération du Rhin,
dont la trahison envers Napoléon fut récompensée par
la confirmation des royaumes et des duchés qu’il leur
avait si généreusement distribués sur la rive droite.
À Sarrebrück, une agitation antifrançaise fut tentée,
sans succès, par un conspirateur qui s’apprêtait à jouer
un rôle secret dans les négociations diplomatiques, c’est
Henri Bôcking.
On a constaté bien souvent qu'à côté de la diplomatie
officielle, des conseillers occultes et sans mandat apparent,
opèrent dans l’ombre et guident les personnages de
chancellerie, qui ne sont que les interprètes et les exécuteurs
de plans tramés dans la coulisse. En 1815, à côté
des plénipotentiaires du roi de Prusse, Henri Bôcking
fut nn de ces meneurs clandestins : il forma le projet
d'enlever Sarrebrück et Sarrelonis à Ja France, et de
se faire octroyer, en técompense, des concessions
de mines, dès que le pays appartiendrait à la
Prusse. Dans ce complot, il représentait la maison
« Stumm Gebrüder n. Né le 1° juin 1785, à Trarbach, sur
la Moselle, à mi-chemin entre Trèves et Coblence,
Bôcking vint en 1809 se fixer à Sarrebrück, où il paraît
avoir eu des parents, puisqu’un Bôcking figure parmi les
signataires de la pétition des Sarrebrückois demandant
l’incorporation de leur ville à la France. I! entra dans