En 1804, le 11 septembre, les Sarrebrückois envoient
une Adresse chaleureuse à l'Empereur Napoléon,
puis ils délèguent une députation pour assister à
son Couronnement, à Paris, le g décembre. Elle
avait à sa tête le commandant Walster. À cette
époque déjà, dans toute la région de la Sarre, de
la Moselle ‘et du Rhin, l’enthousiasme pour Napoléon,
Sauveur et Pacificateur, remplissait les âmes.
Les deux plébiscites pour le Consulat à vie, puis pour
l’Empire héréditaire n’avaient presque point donné
d’opposants : le scrutin pour l'établissement de l’Empire
donna pour tout le Département de la Sarre, 98.977 pour
contre 68 non. C’est que le pays jouissait d’une prospérité
réelle; on avait restauré les églises, bâti des hôp1
‘aux, ouvert des écoles, organisé le régime des forêts.
Un des grands bienfaits de cette période pour nos
quatre départements rhénans, fut la construction ou la
réfection du réseau routier. Le particularisme étroit des
anciennes seigneuries et la 'mésintelligence qui, avant la
Révolution, régnait entre les différents princes souverains
du pays, avaient été le principal obstacle à l’établissement
des grandes routes et même à l’entretien des
anciennes voies romaines qu’on utilisait encore.
Louis XIV avait fait établir ou restaurer plusieurs rou
tes, solidement pavées, dont il subsiste encore des tronçons,
«le pavé du Roi »; mais les grandes et belles routes
qui sillonnent aujourd’hui le pays rhénan et mosellan
remontent pour la plupart au Premier Empire : on les
appelle couramment encore « routes impériales » ou
« routes de Napoléon ».
L’exploitation des mines de houille et les industries
qui en dérivent commençaient à enrichir les habitants
Dès 1803, l’Annuaire préconise le développement des
houillères qui, dit-il, « devraient être cent fois plus nombreuses,
car la richesse du pays de Sarrebrück, sous ce
rapport, est incommensurable ». En 1797, on ‘comptait
déjà dans le bassin de la Sarre, 22 petites mines de
houille en activité, dont 13 seulement remontaient au
temps des comtes de Sarrebrück