Le Consulat, régime réparateur et créateur, mit fin
définitivement à l’anarchie dans le pays rhénan en l’organisant
à la française : il fut partagé en départements.
Sarrebrück avec le Bliesgau constitua un arrondissement
du département de la Sarre, dont le chef-lieu fut Trèves.
Sarrebrück ne comptait, en 1802, que 5.000 âmes et
environ 500 maisons. Mais ses industries et son.commerce
se développaient tous les jours, et l’on prévoyait déjà sa
grande expansion. Son premier maire français fut un
« ci-devant noble », le comte de Mandel, ancien colonel
au service de la France. Les mines des comtes de Sarrebriek
dépossédés, furent concédées à bail à J.-B. Equer.
Une des marques non équivoques et les plus caractéristiques
de la sincérité de l’adhésion des populations
rhénanes à la France est la facilité avec laquelle elles se
prêtèrent à l'application de la loi de la conscription
militaire, toute nouvelle pour elles. Or, dans le département
de la Sarre, les opérations du recrutement se firent
toujours avec la plus extrême régularité et sans nulle
contrainte, non seulement dans l'arrondissement de
Sarrebrüok, mais dans ceux plus ruraux, de Birkenfeld
et de Prum; la désertion à l’étranger, pourtant facile,
fut sans exemple. L'Annuaire du Département de la
Sarre pour 1803, qui en fait la remarque, caractérise
comme il suit les habitants de Sarrebrüek et du Bliesgau :
« Le caractère des habitants est doux; ils sont industrieux
et amis du travail, ont l’esprit miercantile, des
mœurs pures, peu de fanatisme religieux et assez d’instruction;
il est rare de rencontrer des individus des deux
sexies, qui ne sachent lire'et écrire, et qui n’aient quelques
notions d’arithmétique. Leurs habitudes s'approchent
beaucoup de celles des Français, leurs voisins;
aussi la langue française y est commune, principalement
sur les frontières qui touchent au département de la
Moselle. »
La guerre était reportée bien loin au delà du Rhin
et la sécurité paraissait absolue’ dans cette région de la
Sarre qui, après avoir payé sa dette à la Révolution,
restait sans arrière-pensée fidèle à la France.