on voit, en l'an VI (1796-97), s’organiser de nouveau, des
pétitions. parmi les habitants, pour demander leur
incorporation administrative à la France. La pétition
des habitants de Sarrebrück, dont l’original est conservé
aux Archives nationales, à Paris, est ainsi libellée :
« Au Corps législatif de la République française, à
Paris,
« Citoyen Président,
« Soyez l'interprète fidèle de notre volonté suprême
auprès du grand Peuple que votre auguste assemblée
représente.
« Faites connaître notre dévouement imperturbable
pour la cause de la Liberté et notre sincère attachement
au Régime républicain.
« Que notre réunion aussi pure qu’inviolable soit connue
de la Nation qui, aujourd’hui, nous adopte et nous
associe à ses grandes destinées, faisant de ce moment
avec telle une seule famille.
« Réunis de cœur et d’affection à la France, notre
mère patrie, nous n’aurons plus, à l’avenir, qu’un même
esprit, une seule volonté et un seul intérêt. Nous vivrons
ainsi unis dans les principes de la Liberté et de l’Egalité.
»
Parmi les signatures, souvent enjolivées de paraphes
qui dénotent l’allégresse, il en est dont le déchiffrement
est, on le conçoit, assez incertain et difficile pour nous,
à première vue; les unes sont en écriture allemande, les
autres, en anglaise. Nous y relevons, par exemple, les
noms suivants : Braun, J.-J. Frantz, F. Dern, Carol
Gartner, J.-M. Lôw, Samuel Klebe, G. Muller, Jean-Charles
Dickhaut, Lorentz Frantz, Jacob Philippi,
Jacob Kleber, Louis Schmidtborn, Metzinger, Hucher,
Georg Korn, W.-C. Tohrberg, Jacob Freund, Jacques
Zimmermann, Stengel, Jean-Charles Dodel, A. Bôcking,
ete, etc. Les Sarrebrückois de vieille souche, clairsemés
aujourd'hui dans la grande ville cosmopolite, pourraient
retrouver dans ces listes, avec quelque fierté, les
noms de leurs bisaïeuls.