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L’historien allemand se garde bien, enfin, de faire
allusion à l’accueil spontané qui fut fait dans toute la
Rhénanie aux idées révolutionnaires et françaises et aux
avantages que ce pays en a retirés. Dans cette région où
les biens ecclésiastiques et féodaux étaient particulièrement
étendus, la plupart des habitants en firent l’acquisition
à vil prix, et les usines s’installèrent dans les châ
teaux (et les abbayes : elles y sont encore.
C’est la Révolution française qui les a affranchies
du servage et les enrichit; c’est elle qui les
a établies dans leur dignité humaine et leur a
donné un état civil. Sans doute, lorsque sont venues
les défaites de nos armées et les embarras financiers
de la Révolution, ces « nouveaux riches » ont
dû supporter de dures réquisitions, d’énormes indemnités
de guerre; ils ne furent pas plus épargnés que le
reste de la France et, par suroroît, ils eurent à subir les
marches et contre-marches de régiments affamés et dénués
de tout; cela n’est que trop ‘vrai. Mais, tout de même, les
odieux Commissaires de la Convention pressuraient, ne
l’oublions pas, des bourgeois et des paysans qui venaient,
sans grand scrupule, de s'approprier les dépouilles de la
féodalité, ces « biens nationaux » sur lesquels ils se
ruèrent en « corbeaux avides ». Le secret de leur attachement
à la Révolution, puis à Napoléon, réside principalement
dans leur envie de prendre les biens féodaux,
puis, dans la crainte où ils vécurent longtemps, d’une
réaction qui les eût forcés à rendre gorge; leur conscience
n’était pas tranquille. Par une singulière ironie des
choses, c’est à la Révolution elle-même qu’ils avaient
appelée, qu’ils furent contraints de payer leur bien mal
acquis.
; II. —
Sous le Directoire, le Consulat et l’Empire.
Développement des mines de houille.
Dès que la fureur révolutionnaire se fut apaisée, sous
le Directoire, et que Bonaparte eut ramené la Victoire
sous nos drapeaux, le mouvement français dans le pays
rhénan reprit son ardeur de 1792. Dans tous les villages