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nité, la sécurité, le bien-être : « Fiez-vous-en à Dieu,
disent-ils, qui soutient si visiblement les entreprises des
Français ! »
Dès le premier jour, les villes et les bourgs, sur le passage
de nos soldats, sollicitent leur annexion à la République
française. Le 3 novembre 1792, on lit à la Convention,
à Paris, la lettre des Mayençais demandant leur
réunion à la France. Le 15 novembre, lecture est aussi
donnée à «la Convention d’une Adresse de huit
communes : « La France, dit cette pétition, est notre
ancienne patrie. Nos relations commerciales et la
conformité de lungue (l'allemand) semblent nous placer
naturellement dans le département du Bas-Rhin ».
Les habitants de Tholey et du Schaumbourg qui avaient
si vivement protesté en 1786 lorsque, par suite d’une rectification
de frontière, ils avaient été rattachés au duché
de Deux-Ponts, s’empressent, en décembre 1792, de revendiquer
leur rentrée dans la France et dé réclamer leur
qualité de Français. De même, les habitants du comté
de Sarwerden qui n’avaient cessé d’être en constantes
relations d’affaires avee les Lorrains français, leurs voisins.
Et chaque jour, de toutes les communes, partent pour
Paris des délégués porteurs des pétitions des paysans:
depuis longtemps ils enviaient la prospérité et le sort de
l'Alsace et de la Lorraine. La vieille Europe assistait
impuissante et stupéfiée à cet élan des populations cisrhénanes
vers la France. Le mouvement se déroulait
irrésistible comme un fleuve trop longtemps contenu qui,
ayant rompu ses digues, se précipite dans son lit naturel.
Malheureusement il fut interrompu par le règne sanguinaire
de la Terreur. La guerre, les passages incessants
d’armées qui vivaient entièrement sur le pays, les
réquisitions, les confiscations, les incendies, le pillage,
le cours forcé des assignats, la suspicion, la délation, les
emprisonnements arbitraires, la guillotine, la perturbation
de tous les organes de la vie sociale, voilà ce que le
pays rhénan reçut de la France en 1793. Les principaux
des notables de Sarrebrück émigrèrent; un bon nombre,