Jean II mourut le 11 mars 1381, ne laissant qu’une
fille, Jeanne, qui avait épousé Jean, comte de Nassau.
De ce mariage, naquit Philippe, seul héritier des Sarrebrück-Commerey;
par lui la maison de Nassau fut
introduite dans la vallée de la Sarre.
Les Nassau venaient des bords de la Lahn, sur la rive
droite du Rhin. Dès le x111° siècle, par les enfants de
l’un d’eux, Henri le Riche (1198-1249), ils s’étaient partagés
en deux branches : la branche Walramienne et la
branche Ottonienne. De celle-ci devaient sortir les
princes d'Orange-Nassau qui montèrent sur le trône de
Hollande. La branche Walramienne, qui résidait à
Wiesbade, fut illustrée par l’empereur Adolphe de Nas
sau (1292-1298).
C’est le petit-fils de l'empereur Adolphe, Jean, comte
de Nassau-Weilbourg, qui épousa Jeanne de Sarrebrück,
en 1353; il fonda ainsi la maison dr Nassau-Sarrebrüek,
qui devait se perpétuer jusqu’en 1797. Son fils, Philippe
I”, comte de Nassau et Sarrebrück, seigneur de
Commercy et de Morley, fut, toute sa vie, pensionné par
le roi de France qui lui faisait une rente de 1.000 livres
tournois.
Sa femme, la princesse Elisabeth de Lorraine, cultivait
les lettres françaises. Elle hérita de goût de sa mère
Marguerite de Joinville, qui fit mettre en prose notre
poème de chevalerie Lohier et Mallart. A son tour,
Elisabeth fit traduire en allemand cette chanson de
geste et celle de Iluques Canet. C’est par cs traduetions
et d’autres analogues que notre littérature romane
S’acclimata sur les bords du Rhin.
; IV. — Les comtes de Sarrebrück et la Monarchie
francaise.
En 1552, Metz, conquise par Henri IT, fut incorporée
dans le Domaine de la Couronne die France. Cet événement,
sanctionné par le traité de Cateau-Cambrésis, en
1539, devait, en droit féodal, justifier plus encore qu’elle
ne l’était auparavant, l’ambition de nos rois, de ratta-