Full text : Die Franzosen in Saarbrücken und den deutschen Reichslanden im Saargau und Westrich

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sortis  de  chez  elle,  elle  nous  a  rappelés  pour  nous  en  faire  l'observation,
  et  demandait  qu’elle  soit  ouverte;  l'ouverture  faite,  il  s’est
trouvé  quatre  pains  de  sucre,  huit  livres  de  café,  deux  livres  de
poivre,  deux  criques  et  un  morceau  de  savon  ;  la  femme  Bertrand
nous  a  dit  que  depuis  dix-huit  mois  son  mari  n’avait  pas  touché
un  sol  de  ses  appointements,  qui  sont  de  900  liv.  annuellement,  et
qu’ils  n’avaient  pas  d’autre  ressource.
Une  lettre  de  Bertrand  à  sa  femme  du  1.  Avril  1793,  porte:
„fais  décrépir  et  blanchir  que  je  n’aie  plus  le  coeur  navré  en
entrant  chez  moi."  Ainsi  donc  depuis  dix-huit  mois,  si  l’on  en
excepte  le  temps  où  il  a  été  employé  par  les  Représentants  du  Peuple
et  les  Commissaires  délégués,  ce  qui  commence  au  mois  de  Février
dernier,  il  a  fallu  que  Bertrand  aille  aux  expédients  pour  nourrir  sa
famille;  l’état  de  pauvreté  et  de  dénûment  n’est  pas  un  crime,  loin
de-là,  il  mérite  les  plus  grands  égards  et  qui  doit  intéresser  tous
les  humains;  mais  est-il  possible  de  croire  que  Bertrand,  qui  aurait
dû  sentir  le  besoin,  ait  usé  de  despotisme  vis-à-vis  de  Citoyens  qu’il
voyait  dans  la  même  position,  ne  devait-elle  pas  lui  rappeler  la
sienne?  devait-il  donc  agir  en  despote?  Envers  ceux  auxquels  il  a
eu  à  parler  dans  le  pays  de  Nassau;  la  chose  n’est  que  trop  vrai,
mais  aussi  nous  avons  été  instruits  qu’il  fuyait  de  chez  lui  dans  ces
moments  de  misère,  et  sa  famille  seule  en  éprouvait  l’amertume;
Bertrand  a  été  élu  Maire  de  Hargarten,  et  il  est  malheureusement
vrai,  comme  le  porte  la  dénonciation,  qu’il  a  intrigué  pour  y  parvenir;
  c’est  en  promettant  aux  habitants  que  s’il  était  nommé,  ils
jouiraient  de  grands  avantages,  qu’ils  ne  devaient  pas  espérer  si
un  autre  avait  la  place  ;  ayant  que  Bertrand  n’ait  eu  de  commission,
il  ne  trouvait  personne  dans  son  village  qui  ait  voulu  lui  faire  crédit,
  depuis  ses  commissions  il  payait  tout  au  comptant.  Il  faisait
plus,  il  prêtait  de  l’argent,  car  il  a  prêté  200  liv.  à  l’administrateur
d’Hargarten,  qui  lui  en  redoit  100  liv.:  et  cependant  il  ne  fait  pas
participer  sa  famille  à  l’abondance  dans  laquelle  il  paraît  être.  Il
n’est  pas  de  notre  connaissance  que  relativement  à  la  commission
du  pays  de  Nassau  il  ait  encore  touché  un  sol  d'appointement,
cependant  si  le  ménage  de  Bertrand  est  dans  le  dénûment,  d’après
les  renseignements  que  nous  avons  pris,  il  ne  s’épargne  aucuns  plaisirs.
  Il  y  a  eu  à  Hargarten  un  cantonnement  de  troupes,  le
Citoyen  Bertrand  comme  Maire,  et  l’ancien  Procureur  de  la  Commune,
  ont,  sans  aucune  autorisation,  fait  abattre  des  bois  dans  une
            
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