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Le château est entièrement abîmé, des meubles précieux sont
cassés, des glaces de prix mises en morceaux, les crins et laines
des matelas répandus sur les planchers, ainsi que les duvets, plumes
et la paille des paillasses; les dessus de fauteuils, de chaises qui
paraissent être des étoffes de prix, sont arrachés, les bois mis en
morceaux et épars ça et là; la rage a été poussée jusqu’à casser
des fourneaux de fer, de fonte, tout est dans un tel délabrement
qu’il y a une perte immense; il ne restait plus qu’une chose à faire,
ce qui a sans doute été oublié, c’était de mettre le feu au château
pour ensevelir tous les crimes qui y ont été commis.
Peut-on attribuer ce désastre aux Prussiens ou à d’autres? Nous
croyons que chacun y a eu sa part; nous avons connaissance que
des habitants de Neunkirch ont également eu la leur.
Dans le pays de la Layen au château de Bliescastel, les Prussiens
ni les Autrichiens n’y ont pas été, mais tout est encore dans un
plus grand délabrement qu’à Neunkirch; les ameublements de ce
château surpassaient en magnificence ceux de Sarrebruck et de
Neunkirch; tout était doré, des appartements plus beaux les uns que
les autres; il y a eu en cet endroit une dilapidation considérable,
l’on a coupé, abîmé des tableaux, arraché les tapisseries, cassé les
glaces, arraché les serrures; la malveillance a été poussée jusqu’à
arracher des fers que l’on appelle Esses, qui soutenaient des murs,
tellement élevés que les habitants de la ville de Bliescastel, dont les
maisons sont au-dessous de ce château, ont été obligés d’en faire
remettre à leurs frais, pour en empêcher la chûte, et par ce moyen
parer à leur perte totale. A Bliescastel enfin, il n’y a eu aucune
apposition de scellés, aucun inventaire, aucuns officiers municipaux
n’ont été appelés aux operations; un cabinet d’histoire-naturelle
précieux, un riche médailler existaient, une forte partie de ces objets
a été divertie; une Bibliothèque également précieuse, dont un
Citoyen demandait qu’il fut fait inventaire et estimation, qui se
chargeait de la garde et de donner caution en France pour sûreté
de sa représentation, a été enlevé sans inventaire, sans estimation,
la chronique scandaleuse du pays dit que d’une grande et belle
Bibliothèque, l’on en a formé quelques unes de particulières.
L’arrêté pour l’enlèvement des chevaux du pays de Sarrebruck,
ayant été rendu commun au pays de la Layen, il y a été
mis à exécution par un autre Commissaire, qui a usé des mêmes
ménagements et employés les mêmes moyens, et qui en tout s’est