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L’on faisait plus, l’on ne se contentait pas de prendre les
chevaux d'âge à servir, l’on a pris des poulains depuis l’âge d'un
an et demi jusque 2 ans et demi, et sous quel prétexte encore les
prenait-on? pour otages disaient les commissaires jusqu’à ce que
ceux auxquels ces poulains appartenaient, amèneraient des chevaux
assez forts pour les remplacer.
Il en est qui avaient des chevaux de luxe sur lesquels on avait
déjà jeté la vue, mais l'on n’a pu découvrir par quelle singularité
des poulains qui ne pouvaient être employés au service, appartenant
à des cultivateurs peu aisés, ont été pris, tandis que les chevaux de
luxe, vraiment de luxe, sont restés à leur propriétaires, il est à
croire que ceux-ci ont employés des moyens bien persuasifs.
L’on a refusé de donner des bons à quantité de propriétaires
des poulains et des chevaux enlevés, on les a mis hors d’état de
faire valoir leurs réclamations, l’on empêche par ce moyen les agents
de la République de connaître ceux auxquels la valeur de ces chevaux
peut revenir, et pour les satisfaire, les indemniser, quel parti
faudra-t-il prendre? Sera-ce de confier les fonds entre les mains
de ceux qui ont pris les chevaux? Croirait-on encore qu’une partie
de ces chevaux ont été pris tout harnachés, et qu’ils sont arrivés
nuds à Metz, aussi a-t-on trouvé deux selles, brides et harnais dans
la chambre de Bertrand à Sarrebruck, il n’est pas difficile à deviner
d’où ces objets proviennent.
Croirait-on encore que sous prétexte de prendre les chevaux
de luxe, pour le service de l’armée, les Commissaires en gardaient
pour leur propre utilité et l’usage de leurs secrétaires ; n’avons nous
pas vu à Metz le Citoyen Bertrand dans le besoin chez lui, monter
un cheval superbe provenant de ceux de luxe avec des harnais du
Prince.
Nous savons que l’on affectait de passer et repasser monté sur
les chevaux de luxe devant leurs propriétaires, sans doute pour leur
occasionner des regrets; peut-être pour les faire murmurer et prendre
droit par là, afin de les faire mener à Metz à la maison d’arrêts.
Enfin bien, après le départ pour Metz des chevaux de luxe,
ou prétendus tels, nous avons encore trouvé l’un de ces malheureux
otages de chevaux dans les écuries de Sarrebruck, qui était languissant
et malade; un poulain de deux ans confié aux soins d’un
secrétaire des Commissaires, que nous avons fait rendre à son
maître qui était venu le réclamer après nous être fait certiorer