Full text : Die Franzosen in Saarbrücken und den deutschen Reichslanden im Saargau und Westrich

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Dans  le  pays  de  Nassau,  presque  tous  les  habitants  sont  cultivateurs
  et  la  raison  en  est  simple,  la  culture  est  très  aisée,  la  terre
est  meuble,  ils  ne  se  servent  pas  de  charrue  comme  dàns  notre
pays,  à  la  place  du  gros  fer  nommé  soc,  qui  se  trouve  au  bout  de
nos  charrues,  est  placé  une  espèce  de  pelle  courbée  qui  sert  à
retourner  la  terre;  aussi  très  souvent  cette  espèce  de  charrue,  est
conduite  par  un  seul  cheval,  et  les  terres  les  plus  difficiles  se  cultivent
  avec  deux  ou  trois  chevaux,  ou  deux  boeufs  et  un  cheval;  les
voitures  se  font  de  mêmes  avec  deux  et  trois  chevaux,  ou  bien  deux
boeufs  et  un  cheval.
Les  nommés  Luc  et  Bertrand,  que  l'administration  ne  connaissait
pas,  mais  qui  étaient  d'anciennes  connaissances  à  ceux  qui  les  ont
présentés,  puisqu’on  offrait  le  choix  des  places  au  Citoyen  Bertrand
par  une  lettre  du  second  Avril,  et  l’on  a  de  si  bons  moyens  pour
les  faire  vaquer!  Bertrand  et  Luc,  ont  pris  aux  cultivateurs  le
cheval  qui  était  à  la  tête  des  deux  boeufs,  et  le  cultivateur  est
dételé;  à  un  maître  de  forge  qui  avait  un  absolu  besoin  de  deux
chevaux,  non  seulement  pour  sa  forge,  mais  encore  pour  cultiver
ses  héritages,  notamment  une  ferme  Nationale  qu’il  avait  acheté  sur
l’extrême  frontière,  ces  deux  chevaux  ont  été  pris,  les  stratagèmes
dont  l’on  a  usé  au  nom  de  la  République  Française,  en  abusant  de
la  qualité  de  délégués  des  Représentants  du  peuple  pour  avoir  une
partie  de  ces  chevaux,  ne  sont  ils  pas  au-dessous  de  la  dignité  de
la  Nation?  les  commissaires  à  l’enlèvement  allaient  voir  ceux  qui
avaient  des  chevaux  pour  la  culture  de  leurs  héritages,  ils  les  flattaient
sur  leurs  beautés,  et  il  est  vrai  de  dire  que  généralement  parlant,
les  chevaux  de  culture  du  pays  de  Nassau  et  de  la  Layen  sont
d’une  belle  race  et  bien  nourris;  on  demandait  à  ces  cultivateurs
combien  les  chevaux  valaient?  ceux-ci  répondaient,  que  s’ils  avaient
voulu  les  vendre  ils  en  auraient  eu  un  tel  prix;  mais  qu’ils  en
avaient  besoin,  et  qu’ils  ne  pouvaient  s’en  défaire,  les  commissaires
prenaient  droit  par  l’observation  des  cultivateurs  de  l’offre  qu’on
leur  avait  fait  d'un  prix  déterminé  pour  leurs  chevaux,  ils  avaient
l’inhumanité  de  faire  dételer  le  cheval,  de  le  prendre  malgré  le
cultivateur,  alors  que  celui-ci  se  permettait  des  observations  on  le
ménaçait  de  l’envoyer  à  Metz  en  prison  pieds  et  poings  liés,  l’on
conçoit  que  de  telles  paroles  de  consolations  fermaient  la  bouche
aux  plus  hardis.

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