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ennemis, qu'il fallait s’empresser à faire faire le transport des
meubles, sauf lors de chaque chargement ou déchargement détailler
les objets enlevés ; mais à Sarrebruck, l'arrivée de l'ennemi n’était
pas à craindre; car lors des opérations, et aujourd’hui encore, l’on
est autant en sûreté à Sarrebruck qu’au centre de la ville de Metz.
L’on n’a apposé aucuns scellés sur les chambres qui renfermaient
le mobilier, le linge, l’on s’est contenté lors de chaque chargement,
d’enregistrer les objets, que l’on envoyait à Metz ; quelquefois l’on
a envoyé chercher des officiers municipaux, non pas pour assister
à l’inventaire, à la déscription, mais pour leur faire part que dans
tel ballot il y avait tels objets enfermés, dans tel autre tels objets,
ainsi de suite, et les officiers municipaux répondaient: nous le croyons
puisque vous le dites.
Le défaut d’inventaire, d’apposition de scellé préalable, la nonprésence
des Officiers municipaux, peuvent-ils être regardés comme
des irrégularités des fautes légères ; c’est à vous Citoyens administrateurs
à le juger.
A Sarrebruck, l’on ne s’est pas contenté de démeubler le Château
comme on avait le droit de le faire; mais l’on a arraché les
serrures, l’on a encore cassé les bordures dorées, de très grands
tableaux qui ont été faits pour une salle à manger ou de compagnie
du Château, l'on a coupé des rideaux, enlevé le drap qui
servait de tapis aux billards, coupé les étoffes qui se trouvaient sur
des chaises, des fauteuils et autres ameublements. Au Château de
Louisberg et Monplaisir, maisons de plaisanse du ci-devant Prince
de Nassau, il y a également des dégradations considérables, l’on ne
réparera qu’avec une dépense considérable, les dégradations en tous
genres qui ont été commises.
Un arrêté du Département a, en exécution d’une loi qui ordonne
que les chevaux de luxe seront employés au service de la République,
ordonné que ceux de cette espèce qui se trouveraient dans
le pays de Nassau et de la Layen, seraient pris aux propriétaires
à charge d’indemnité, avec recommandation de ne pas prendre les
chevaux nécessaires à la culture; les nommés Luc et Bertrand ont
été chargés de cette commission.
Us s’en sont acquittés, nous ne dirons pas conformément au
voeu de l’arrêté, encore moins d’après celui de la loi, dans cette
mission, ils se sont conduits en véritables despotes, en tyrans.