Full text : Die Franzosen in Saarbrücken und den deutschen Reichslanden im Saargau und Westrich

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de  la  frayeur  qui  régnait,  ayant  assuré  les  Nassauviens  qu’ils  n’avaient
  rien  à  craindre,  que  nous  ne  venions  pas  pour  les  molester,
mais  au  contraire  pour  les  protéger,  si  on  tentait  de  le  faire;  c’est
alors  qu’un  peu  rassurés,  ils  nous  ont  fait  connaître  que  leurs
craintes  n'étaient  pas  dénuées  de  fondements;  lorsque  l’on  leur  parlait,
  après  leur  avoir  donné  des  ordres  sans  attendre  leur  réponse,
on  ajoutait:  si  vous  ne  faites  pas  telle  ou  telle  chose,  nous  vous
enverrons  à  Metz  en  prison;  aussi  pour  faire  sentir  tous  le  poids
de  l’autorité,  souffrait-on  pour  ne  pas  dire  qu’on  l’exigeait  de  la
part  des  délégués  des  Représentants  du  Peuple,  qui  dédaignaient
en  quelque  sorte  d'opérer  en  leurs  qualités  d’administrateurs;  que
chaque  fois  qu’ils  passaient  devant  un  rassemblement  d'hommes
armés,  l’on  battit  aux  champs  et  que  l’on  se  mette  sous  les  armes.
Ce  profond  respect  que  l’on  se  faisait  porter,  ces  honneurs
qui  ne  doivent  se  rendre  qu'aux  Représentants  de  la  Nation,  aux
généraux,  et  qu’ordinairement  ils  refusent,  en  imposaient  beaucoup
à  des  habitants  paisibles  et  tranquilles,  à  des  gens  qui  tous  sont
occupés  à  l’agriculture  ou  au  commerce,  ces  menaces,  cette  conduite
  ont  tellement  fait  d’effet  et  d’impression  sur  leurs  esprits
qu’ils  tremblent  encore  en  se  rappellant  ce  qui  s’est  passé;  ils
craignent  que  ces  scènes  ne  se  renouvellent,  et  cela  a  contribué
pour  beaucoup  à  empêcher  que  nous  n’ayons  su  d'une  manière
bien  détaillée  tout  ce  qui  s’est  passé;  car  dans  le  pays  de  Nassau
et  de  la  Layen,  il  est  des  noms  que  l’on  n’ose  prononcer,  si  ce
n’est  avec  respect,  au  moins  sans  crainte.
L’arrêté  des  Représentants  du  Peuple  du  11  Mai  1793,  n’a  pas
été  suivi  exactement,  il  n’y  a  eu  aucune  apposition  de  scellés  sur
le  mobilier.  11  n’y  a  pas  plus  eu  d’inventaires;  les  sous  -  délégués
actuels  qui  sont  encore  au  château  de  Sarrebruck,  disent  eux-mêmes
qu’il  y  a  eu  des  vols  considérables,  des  dilapidations,  mais  ils  ne
savent  à  qui  les  attribuer  ;  eux-mêmes  pendant  notre  séjour,  ont,
disent-ils,  retrouvé  beaucoup  d’étain,  de  batterie  de  cuisine,  une
pièce  de  toile  et  une  partie  de  rideau  qui  étaient  volés  et  détournés;
  ces  objets  étaient  cachés  dans  des  cendres  et  du  charbon  qui
se  trouvent  dans  l’intérieur  de  la  maison  près  de  la  cuisine.
En  matière  d’administration,  les  loix  indiquent  que  lors  du
séquestre  du  mobilier,  il  doit  en  être  fait  un  inventaire  exact  en
présence  des  officiers  municipaux.  Opposera-t-on  qu’à  Sarrebruck,
pays  étrangers,  il  y  avait  à  craindre  une  incursion  de  la  part  des
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