I.
Liberté. Egalité.
AU NOM DE LA REPVBLIQUE FRANÇAISE.
Les Représentants du peuple près les armées du Rhin et de
la Moselle, prenant en grande considération le surhaussement exorbitant
des commestibîes et de toutes les denrées de première nécessité,
qui a eu lieu dans la ville de Sarrebruck et environs, depuis
qu’ils sont occupés par les troupes de la république, et notamment
depuis quelques jours, jusqu’au point qu’il devient impossible aux
soldats de l’armée, et à la classe indigente des habitants, d’obtenir
ce qui leur est le plus nécessaire.
Considérant que le magistrat de Sarrebruck n’aurait jamais dû
perdre de vue, que les Français, maîtres de cette ville, n’ont jusqu’à
présent exercé les droits de la guerre ; qu’ils avaient lieu de
s’attendre à être traités par le magistrat et tous les citoyens avec
reconnaissance, et qu’ils leur délivreraient ou feraient délivrer ce
qui leur est absolument nécessaire ; qu’il est temps enfin de déployer
la puissance militaire envers ceux des habitants qui méconnaissent
la générosité française, et méprisent la monnaie de la république,
ont arrêté ce qui suit.
Les Magistrats de Sarrebruck seront mandés dans la maison
des Représentants du Peuple, il leur sera ordonné au nom de la
République française, de faire compter dans les vingt-quatre heures
à la caisse du payeur général de l’armée de la Moselle, la somme
d’un million en numéraire en échange de pareille somme en
assignats.
Le Magistrat de Sarrebruck sera requis de faire approvisionner
suffisamment en commestibîes, légumes et autres denrées de première
nécessité, le marché de cette ville, de prendre à cet effet les mesures