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faits, qui sont des preuves bien convaincantes des sentiments de
dévouement de la régence de Sarrebruck à la république française.
On veut aussi tirer des conséquences défavorables de ce que
Mandel, Croilbois, Haubert, Olivier et un certain Meremi ont trouvé
asyle dans le pays de Nassau; mais qu’on sache donc que Mandel
habitait Sarrebruck avant la révolution, qu’on sache qu’aussitôt que
la régence a été informée que Mandel avoit suivi le régiment de
Royal-Allemand, elle ordonna à la femme Mandel et à sa famille
de quitter la ville, qu’on sache également que Croilbois, ci-devant
chargé d’affaires à Paris, a été expulsé de môme, aussitôt que le
district et le commandant de Sarrelibre out fait connaître leurs
sentiments à son égard, et qu’à cette occasion, ils n’ont pû se
refuser à louer l’empressement de la régence de Sarrebruck à bien
servir la révolution française.
Haubert, depuis l’année 1784 avait fait l’entreprise d’une verrerie,
ce n'est que comme entrepreneur de cette verrerie qu’il est
devenu habitant du pays de Nassau, et ce n’est que sous cette
dénomination qu’il est connu de la régence et de la chambre des finances.
Quant à Olivier, il est entré au service du prince, malade depuis
long-temps d’une paralysie douloureuse; la réputation de ce médecin
a fait naître la confiance du Prince qui l’a appelé à son service,
espérant d’en recevoir quelque soulagement à ses maux ; l’on n’a
eu égard qu’à ses talents, et pas du tout à son opinion politique,
dont on ne s’est nullement informé. Pour un Meremi on peut assurer
avec vérité, qu’il n’a jamais existé dans le pays-de Nassau,
et que son nom ni sa personne ne sont nullement connus. On
peut de même assurer, qu’il n’y a point d’endroit en Allemagne
où l’on ait agi avec plus de sincérité envers les Français, et où
l’on ait été plus libre de manifester son opinion en faveur de la
révolution ; l’on défie à la face de l’univers, de prouver que des listes
de patriotes aient été faites, et fournies aux généraux des armées
ennemies, mais nous donnerons pour preuve du contraire le fait
suivant. Un habitant de Neunkirch soupçonné d’espionnage, et pas
du tout par cause de patriotisme, a été enlevé au mois d’Avril
dernier par une patrouille prussienne, la Régence en ayant été informée,
réclama aussitôt ce particulier, qui a été rendu quelques
jours après à sa famille, dans le sein de laquelle il vit tranquillement.
Depuis, plusieurs patrouilles ennemies ont paru sur le territoire
de Nassau, mais n’ont en aucune manière inquiété les habitants.