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ni.
MÉMOIRE
Adressé aux Citoyens Représentants du Peuple, au Département
de la Moselle, par les otages du pays de Nassau, détenus
au refuge de Metz.
CITOYENS REPRESENTANTS DU PEUPLE
FRANÇAIS.
La haute opinion que nous avons des Représentants d’une grande
et généreuse nation, telle qu’est la nation française, nous donne
l’assurance, que nous ne saurions leus déplaire en mettant sous leurs
yeux notre justification; elle nous force à leur dire que la religion
a été surprise par des récits mensongers ; mais ils sont dignes
d’entendre la vérité, et nous la leur dirons, avec une entière confiance
en leur justice.
Au moment où les habitants de Sarrebruck et du pays de Nassau
comptaient recueillir le fruit des efforts qu’ils ont faits, pour prouver
à la république française leur entier et sincère dévouement, dont
sur-tout depuis la révolution, ils ont donné les preuves les plus
convaincantes, ils ont été plongés dans la douleur par l’arrestation,
comme otages de plusieurs de leurs parents et amis, conseillers de
la régence et autres officiers du Prince de Nassau, qui se sont toujours
distingués par leur attachement à la France, et ont dédaigné
de prendre des précautions, que la timide prudence paraissait exiger
dans de certaines circonstances, mais qui étant incompatible avec
leurs sentiments envers la France, ont été rejetées sans balancer.
Il est maintenant du devoir de ces otages, pour qui leurs
concitoyens invoquent la justice de la nation française, d’exposer
aux yeux de ses représentants quelques détails sur leur conduite,