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Certes, ce rôle était assez utile à la ligue des rois, pour que
les puissances coalisées eussent tenu bon compte au prince de
Nassau et à la dame Lalayen de leur conduite, si elle se fut bornée
là; mais leur haine pour la nation française ne put long-temps se
renfermer dans des actes secrets.
Il est prouvé par toutes les correspondances qui ont été
déposées tant au département de la Moselle qu’au district de
Sarreguemines, *) qu'ils ont favorisé l’émigration des régiments de
Saxe et de Royal-Allemand. On les a vu accorder asyle à un
Mandel, un G-roslebois, un Haubert, employer à leur service un
Olivier, un Meremi, et tant d’autres qui ne pouvaient avoir d’autre
titre de recommandation auprès d’eux que l’aversion qu’ils avaient
manifestée pour la révolution française; on a vu leurs agents et
leurs conseillers intimes prendre des notes de tous les citoyens des
pays de Nassau et de Bliescastel, qui avaient témoigné quelqu’intérêt
aux Français, étendre même leur cruelle surveillance jusques
sur les patriotes des districts qui les avoisinent, afin de les livrer
tous à la vengeance des troupes étrangères, quand ils pourraient
leur faciliter une invasion: l’on a vu Nesseler prévôt du prince de
Nassau, bien sûr des sentiments qu'animaient celui qu’il appelait
son maître, servir de guide aux partis ennemis; enfin l’on a vu
le prince de Nassau lui - même pousser l’impudeur jusqu’au point
d’oser confisquer à son profit les propriétés que possédait dans le
pays de Nassau un vétéran de la compagnie de Sarrelibre, uniquement
parce que ce citoyen servait la république française.
En vain à tous ces témoignages qui accusent les uns et les
autres de la plus cruelle perfidie envers la nation française; voudraient
- ils opposer le défaut d'adhésion formelle à la diète de
Ratisbonne; en vain s’appuyeraient - ils sur ce qu’on ne les a pas
vu fournir leur contingent en hommes; personne n’ignore que ce
contingent pouvait se fournir en argent; et certes une preuve bien
frappante qu’ils ont satisfait de cette manière moins ostensible, par
*) Dics ifs fasses). Die ganze ben Fürstcn angehende Correspondenz bestund
in einigen Briefen Vvn Kaiser Léopold, worin derselbe die Werbfreiheit
im Saarbrückischen verlangtc. Der General d'A-, dem die Untersnchung
derfelben aufgefragen war, wurdc überzeugt, dah einige darin enthaltene verbindliche
Ausdrücke nichts verdachtiges gegen die Republik enthielten, und
sein Rapport war dem Fürsten günstig. — Allein man wollte ihn schuldig
finden. A. d. B.