Full text : Die Franzosen in Saarbrücken und den deutschen Reichslanden im Saargau und Westrich

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Ce  fut  alors  que  se  développa  le  système  ourdi  depuis  longtemps
  dans  toutes  les  cours  ;  l’on  vit  tout-à-coup  Frédéric-Guillaume
réunir  ses  forces  à  celles  de  Léopold,  on  les  vit  marcher  de  concert
contre  la  nation  française.
Tant  que  les  despotes  purent  compter  sur  les  trahisons  du
cabinet  des  Tuileries,  et  sur  les  succès  qu’elles  avaient  assurés  à
ceux  d’entr’eux  qu’ils  faisaient  paraître  sur  la  scène,  ils  se  contentèrent
  de  les  aider  sourdement  de  leurs  trésors.
Mais  lorsque  le  peuple  français  eut,  en  se  levant,  brisé  un  trône
où  la  scélératesse  s’était  trop  long-temps  assise,  que  débarrassé  de
toutes  les  entraves  avec  lesquelles  on  avait  cherché  à  enchaîner
son  courage,  il  eut  repoussé  loin  de  son  territoire  toutes  les  hordes
d’esclaves  que  la  perfidie  y  avait  introduites,  alors  la  coalition  des
rois  se  manifesta  d’une  manière  à  ne  plus  laisser  d’incertitude;
alors  l’Angleterre  et  la  Hollande  laissèrent  apercevoir  leurs  sinistres
projects;  la  république  française  leur  déclara  franchement  qu’elle
les  mettait  au  nombre  de  ses  ennemis  et  qu’elle  allait  les  combattre.
L’empire  germanique  lui-même  ne  tarda  pas  à  manifester  ses  sentiments,
  en  obtempérant  à  la  décision  de  la  diète  de  Ratisbonne.
Quelques-uns  de  ces  roitelets  mirent  plus  d’art  dans  leurs
démarches:  plus  près  des  armées  françaises,  ils  pouvaient  être  plus
promptement  punis;  ils  surent,  sous  le  voile  de  la  neutralité,  satisfaire
  d’une  manière  plus  perfide  ce  que  leur  haine  leur  inspirait
contre  la  nation  française,  et  ce  que  la  prudence  attendait  d’eux.
Ils  devinrent  les  espions  de  leurs  confrères,  et  se  promirent  de
faire  ainsi  tourner  contre  les  Français  la  protection  même  qu’ils
en  recevraient.
Tel  est  le  rôle  dont  le  prince  de  Nassau,  la  dame  Lalayen  et
leurs  familles  n’ont  rougi  de  se  charger:  profitant  du  séjour  des
troupes  françaises  dans  les  pays  de  Nassau  et  de  Bliescastel,  tantôt
on  les  voyait,  soit  par  eux,  soit  par  leurs  agents,  chercher  à  répandre
  les  bruits  les  plus  alarmants  et  les  propres  à  porter  le
trouble  et  le  découragement  parmi  des  troupes  qui  n’auraient  pas
été  embrasées  d’un  patriotisme  aussi  pur;  tantôt,  abusant  de  notre
facilité  à  conserver  des  généraux  ou  traîtres  ou  trop  peu  prononcés,
profiter  de  l'ascendant  qu’ils  prenaient  sur  eux  pour  sauver  des
hommes  que  la  vengeance  nationale  poursuivait.  Témoins  de  nos
forces,  de  nos  positions  et  de  nos  mouvements,  c’était  toujours  par
eux  que  nos  ennemis  étaient  instruits.
            
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