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IL
PROCLAMATION.
Paix aux Chaumières, guerre aux Châteaux.
Les Représentants du peuple envoyés par la Convention nationale
aux armées du Rhin et de la Moselle ont ordonné au nom de
la République française, l’arrestation du Prince de Nassau-Sarrebruck,
de la dame Lâlayen, et de leur famille; ils se proposent
de séquestrer leurs biens ; ils doivent compte des motifs qui les ont
forcés de recourir à cet acte de rigueur; ils s’empressent de le rendre.
A peine la nation française eut-elle manifesté le désir de
changer la forme de son gouvernement, que le despotisme chercha
de toutes parts à s’opposer à ce triomphe de la philosophie. Dans
toutes les cours l’on vit l’intrigue s’agiter, l'aristocratie nobiliaire
trouver un appui, le fanatisme sacerdotal un soutien, le peuple un
ennemi. Dès cet instant il se forma une ligue entre tous les trônes.
Les uns comptant sur leurs forces, s’en déclarèrent hautement les
auteurs, les autres moins puissants usèrent de plus de prudence,
mais tous jurèrent également la perte du peuple français; ils crurent
l’opérer avec d’autant plus de facilité, que la faiblesse de
l'Assemblée constituante mettait chaque jour entre les mains d’un
tyran tous les moyens d’assassiner promptement la liberté.
La nation française gémissant sur les maux qui, dans une
guerre, accompagnent jusqu’aux plus célèbres victoires, sacrifiait
tous ses ressentiments au désir de maintenir la paix dans l’Europe;
elle ne se décida à la rompre, que quand elle fut convaincue que,
si elle ne sortait de la léthargie où son roi constitutionel cherchait
à la plonger, c’en était fait de la liberté des peuples: chargée de
ce dépôt sacré, devant en rendre compte aux générations futures,
elle jura qu’elle ne le laisserait point périr entre ses mains, et ce
serment fut accompagné d’une déclaration de guerre au roi de
Bohême et de Hongrie.