Full text : Das Saarland zwischen Frankreich, Deutschland und Europa

produits  C.E.C.A.  les  chiffres  sont  de  120  et  40  milliards.  11  faudrait  essayer
d’obtenir  un  régime  spécial  d’échanges.  Une  zone  franche  est  à  écarter  car  cette
solution  n’est  possible  que  dans  le  cas  où  dans  la  zone  franche  envisagée  il  y  a  très
peu  d’industries  ce  qui  n’est  évidemment  pas  le  cas  de  la  Sarre.  11  serait  sans  doute
préférable  d’envisager  un  système  de  contingentement  tarifaire  mais  ce  système  de
contingent  tarifaire  devrait  être  spécial  à  la  Sarre  et  non  pas  négocier  [sic]  pour
l’ensemble  France-Allemagne  afin  de  ne  pas  trop  désindividualiser  la  Sarre.  Dans
ce  cas,  en  effet,  la  Sarre  pourrait  elle-même  avoir  avantage  à  défendre  certaines
positions  qui  seraient  à  l’avantage  commun  du  territoire  et  de  la  France.
En  ce  qui  concerne  les  questions  financières  le  problème  de  l’échange  des
monnaies  ne  pose  que  des  difficultés  techniques  qui  ne  sont  pas  insolubles.  Pour  le
régime  bancaire  les  banques  françaises  n’auraient-elles  pas  intérêt  à  négocier  tout
de  suite  en  accord  avec  nous  pour  maintenir  une  présence  française  dans  ce  secteur
en  Sarre.  Par  exemple,  en  ce  qui  concerne  le  Crédit  Sarrois,  on  peut  envisager  de
retourner  la  position  actuellement  existante  c’est-à-dire  participation  1/3  aux
Français  et  2/3  aux  Allemands.
Le  Général  Billotte  est  en  faveur,  lui  aussi,  d’une  négociation  aussi  rapide  que
possible  et  insiste  pour  que  l’on  maintienne,  si  possible,  quelques  forces  françaises
en  Sarre.
M.  Berthoin  indique  que  sur  le  plan  culturel  et  universitaire  l’impression  du  recteur
de  l’université  de  Sarrebruck  n’est  pas  mauvaise.
M.  Robert  Schuman  rappelle  combien  il  est  important  de  protéger  les  Sarrois  qui
ont  voté  oui.  Il  y  a  en  ce  moment  un  esprit  de  revanche  et  d’oppression  qui  crée  une
atmosphère  lourde.  On  peut  même  parler  de  terreur  chuchotée.  D’autre  part  que
fera  le  Parlement  sarrois?  Fera-t-il  accepter  la  Sarre  comme  lOème  Land?
N’oublions  pas  que  nous  avons  notre  mot  à  dire  dans  cette  affaire  car  la  loi
fondamentale  de  la  République  fédérale  ne  peut  être  modifiée  sans  notre  accord.
D’autre  part  si  la  Sarre  devient  un  Land,  un  Land  n’a  pas  de  politique  extérieure.
Or,  le  fonctionnement  de  l’union  économique  ou  du  régime  qui  lui  serait  substitué
serait  de  la  compétence  du  Gouvernement  sarrois.  Comment  cela  pourrait-il
fonctionner  de  façon  satisfaisante  si  l’on  se  souvient  que  toute  la  campagne
électorale  a  été  faite  contre  la  France?  Nous  ne  pouvons  certes  pas  empêcher  le
Landtag  de  modifier  la  constitution  mais  nous  avons  un  terrain  plus  solide  en  ce  qui
concerne  les  conventions  économiques  franco-sarroises  qui  sont  contractuelles.  M.
Schuman  est,  du  reste,  sceptique  sur  les  possibilités  qui  s’ouvrent  à  nous.  Nous
aurons,  certes,  un  certain  appui  dans  les  milieux  industriels  mais  il  ne  faut  pas
oublier  que  beaucoup  d’industriels  viendront  bientôt  d’Allemagne  et  que  même
dans  ce  secteur  de  l’opinion  nous  ne  sommes  pas  assurés  d’avoir  une  majorité
favorable.  Au  point  de  vue  militaire  il  n’y  a  pas,  en  réalité,  de  problèmes  pour  nous
car  ce  sera  une  question  à  régler  par  l’OTAN  si  la  Sarre  est  incorporée
politiquement  à  l’Allemagne.

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