En ce qui concerne le Warndt il souhaiterait même que ce problème soit discuté
avant et à part de l’ensemble car c’est une question spéciale.
En ce qui concerne Völklingen et nos autres droits sur les usines sarroises il conviendrait
de les monnayer pour renforcer la capacité de la sidérurgie française.
Enfin, il serait évidemment souhaitable que l’on puisse obtenir la canalisation de la
Moselle.
M. Pinay pour répondre, dans une certaine mesure, aux préoccupations de M. Morice
lui rappelle que la période transitaire aurait pour but de maintenir, pendant un
certain temps, l’état de choses actuel.
M. Berthoin considère qu’il serait bon avant d’envisager les négociations de savoir
quelles seront les intentions de la Sarre une fois que les pressions politiques déchaînées
dans ce pays seront calmées.
M. Pflimlin est, lui aussi, d’accord pour une négociation rapide. Il est favorable à
une période transitoire, aussi longue que possible. Mais il est sceptique sur sa durée
s’il s’agit de maintenir l’union économique après le moment où le rattachement
politique de la Sarre à l’Allemagne aura été opéré, c’est une vue de l’esprit. Le
Ministre des Finances préférerait une solution nette tout de suite et qui soit
susceptible de survie. En ce qui concerne la C.E.C.A. il faudrait en effet voir s’il
est possible de modifier le taux de 20 % donnant droit à un vote préférentiel. En ce
qui concerne la participation à la propriété et à la gestion des mines il faut garder à
la mémoire que cela nous imposera des obligations et des charges telles que la
participation aux déficits et aux investissements. En revanche, la commercialisation
du charbon est très importante car il est évident que Sarre et Lorraine sont
solidaires. Il s’agit, en réalité, d’un seul bassin houiller: le bassin sarro-lorrain. En
ce qui concerne le paiement du charbon sarrois livré à la France il faudrait tenter
d’obtenir que pendant une longue période nous puissions payer ce charbon en
francs français. Que feront alors les Allemands de ces francs? Peut-être pourront-ils
les utiliser à des investissements dans les territoires d’outre-mer et même à des
investissements de caractère public c’est-à-dire non rentables en s’appuyant sur
l’idée de réparation qui a été à la base des livraisons de charbons sarrois.
D’autre part, M. Pflimlin voit également dans la négociation une excellente
occasion d’aboutir à la canalisation de la Moselle.
En ce qui concerne Völklingen nous avons, le 13 Décembre, une nouvelle échéance
de 2 milliards à payer aux Roechling mais auparavant de nouvelles négociations
sur le plan des experts financiers doivent avoir lieu le 1er Décembre. 11 faudrait
prendre une décision sur le point de savoir si notre participation à Völklingen
présente encore un intérêt réel étant donné que nous serons peut-être appelés à faire
des concessions supplémentaires (question de la participation aux bénéfices) pour
éviter que l’affaire n’échoue. En ce qui concerne le régime des échanges ils
représentent un chiffre de 160 milliards de francs de France à Sarre et de 70
milliards de francs de Sarre à France, y compris les produits C.E.C.A. Sans les
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