Protokoll der geheimen interministeriellen Beratungsrunde
in Paris am 24.11.1955.
25.11.1955
Archives du Ministère des Affaires Étrangères, Europe (1944-1960), Sarre 279.10
M. Pinay expose le problème tel qu’il se pose à la suite du résultat du referendum
sarrois.
Au point de vue politique notre attitude est simple, notre seul intérêt est de nous
assurer que nul ne sera inquiété pour son attitude politique passée.
Au point de vue économique, il semble que nous devions envisager, à échéance
plus ou moins lointaine, le retour de la Sarre à l’Allemagne. Dans cette perspective,
nous devons nous assurer un certain nombre d’avantages permanents et envisager
une période intérimaire entre le statu quo actuel et la période définitive dans laquelle
ces avantages permanents doivent nous demeurer acquis.
M. Robert Schuman rappelle qu’il y a une question de principe à trancher.
Sommes-nous obligés d’envisager, dès maintenant et inconditionnellement,
l’abandon de l’union économique ou est-il possible de maintenir, pendant un
certain temps, le régime actuel?
M. Morice rappelle que sur le plan industriel le problème de la Sarre est dramatique.
La perte de nos débouchés vers la Sarre survenant après la perte de nos
intérêts économiques en Indochine et la diminution de ceux-ci en Afrique du Nord
représente un coup terrible pour l’économie française. Le Ministre de l’Industrie
écarte tout de suite deux possibilités: celle de la zone franche pure et simple qui
ferait communiquer la France et l’Allemagne ainsi, que celle d’un double cordon
douanier qui, en fait, nous conduirait à la perte du marché sarrois. Nous avons malgré
tout quelques atouts: le premier s’est notre présence à la C.E.C.A.11 où nous
pouvons tirer parti de l'argument d’après lequel notre position serait très affaiblie
par un déplacement de la Sarre du marché français vers le marché allemand. C’est
un argument que nous pouvons utiliser pour régler la question du vote préférentiel
accordé aux Etats membres dont la production est d’au moins 20 % de l’ensemble
de la production C.E.C.A. Nous avons une autre arme, nous importons de Sarre des
charbons gras qui sont essentiels mais nos achats d’acier en Sarre s’ils nous sont
très utiles sont d’autre part essentiels pour la Sarre elle-même, de même en ce qui
concerne nos ventes de minerai à la Sarre. Nous avons donc une monnaie
d’échange.
M. Morice est d’avis qu’il faut négocier le plus vite possible. Il est d’accord avec
les points évoqués par M. Pinay.
10 Bereits publiziert in: DDF 1955, Bd. 2, Nr. 392, S. 873-877; BDFD, Bd. 2, Nr. 74,
S. 273-276.
11 Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier.
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