Nr. 84
Frankreich und der Abstimmungskampf
Der Bericht des französischen Botschafters im Saarland vom 17. A ugust 1955 betont
die Bedeutung der bundesdeutschen Politik für den Referendums-Wahlkampf
und einen möglichen negativen Ausgang. Hierzu wird zum einen die von den prodeutschen
Parteien als Argument verwendete Möglichkeit eines ,,Doppelspiels“
Adenauers gegenüber seinen französischen Vertragspartnern angeführt, zum anderen
verweist de Carbonnei auf die ebenso wenig verhohlene wie vertragsgemäße
Unterstützung der pro-deutschen Parteien durch Kräfte aus Deutschland.
Brief des Chefs der diplomatischen Mission an der Saar Eric de Carbonnei
an den Saar-Referenten im Außenministerium
Tanguy Courson de la Villeneuve.
17.8.1955
Archives du Ministère des Affaires Étrangères, Europe (1944-1960), Sarre 191.
Mon cher ami,
La propagande de bouche à oreille des partis pro-allemands sarrois se fait maintenant
sur le thème suivant: le Chancelier a été contraint de signer l’accord sur la
Sarre pour obtenir que l’Allemagne recouvre par les Accords de Paris sa souveraineté,
il ne s’est résolu à ce geste que parce qu’il faisait confiance aux
sentiments nationaux de la population sarroise, il a fait son devoir, il attend de la
population sarroise qu’elle fasse le sien et que rejetant le statut elle fasse rentrer la
province sarroise dans les frontières de l’Allemagne souveraine. Ceux qui
voteraient oui au referendum seraient dans ces conditions des traîtres à la patrie
allemande.
Cela porte, et c’est naturel. Mais le fait que cette propagande puisse se développer
décourage les partisans du statut, car ils y voient la preuve d'un double jeu du
Chancelier: si celui-ci était de bonne foi, il démentirait avoir agi sous la contrainte.
Je sais bien que le bulletin d’information de la C.D.U. a rappelé qu’en votant
l’accord sur la Sarre le parti pensait sincèrement que c’était la meilleure solution
possible. Mais cette note a été depuis reprise, commentée, interprétée et a perdu sa
portée, surtout elle ne constituait pas une prise de position du Chancelier lui-même.
Or, lui seul compte en Sarre en ce moment, c’est pour honorer sa signature que l’on
vote oui, pour être fidèle à sa politique que l’on vote non.
Les revendications économiques, l’équivoque du début sur les nouvelles négociations,
me paraissent dépassés.
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