Fort de cette indication, je me mis immédiatement en rapport avec les Ministres et
avec les dirigeants sportifs sarrois compétents et les priais de mener sans retard les
négociations nécessaires à l’envoi de la demande d’admission de la Ligue sarroise
de Football à la Fédération Française de Football.
Si cette question peut sembler délicate sur le plan français, elle l’est tout autant sur
le plan sarrois depuis que, lors des récentes réunions tenues à Amsterdam, la Fédération
Internationale de Football a décidé d’autoriser à nouveau les rencontres avec
les clubs allemands. Certains clubs sarrois peuvent en effet trouver tout naturel et
plus aisé de renouer leurs anciennes relations avec les équipes allemandes et
préférer cette solution à celle clairement définie dans la Convention Culturelle.
Ayant cependant engagé à fond mon action, j’obtins dans la matinée du lundi 30
Mai l’accord des Dirigeants du Football sarrois au sujet de l’envoi immédiat à Paris
d’une délégation habilitée à régler avec les responsables de la Fédération Française
de Football les conditions d’adhésion de la Ligue sarroise à celle-ci. Un
rendez-vous fut pris pour le mardi 31 Mai avec la Fédération Française de Football,
qui fut malheureusement décommandé in extremis, le Secrétaire Général de la
Fédération attendant toujours les directives gouvernementales dont je luis
annonçais depuis plus de 15 jours l’envoi imminent.
Désirant hâter les choses, je téléphonai aussitôt à M. Wiehn, Directeur du Cabinet
de M. André Morice, pour insister auprès de lui au sujet de l’envoi de ces directives.
M. Wiehn, après avoir consulté M. Morice, me fit savoir qu’il n’y avait
aucune difficulté. Votre Excellence ayant confirmé son complet accord avec son
Ministre, qui allait sans plus tarder faire le nécessaire à l’égard des personnalités
sportives compétentes.
Craignant les difficultés vis-à-vis de la Ligue d’Alsace et de l’Equipe Professionnelle
du Racing Club de Strasbourg, dont le recul en 2ème Division venait
d’être annoncé, ce qui la désignait pour rencontrer cette année l’équipe de Sarrebruck,
je me rendis le mardi 1er Juin à Strasbourg, où je vis M. Lambling, Président
de la Ligue d’Alsace, en compagnie de M. Bissy [sic], son Secrétaire Général
et de M. Heintz, Président de la Section Professionnelle du Racing de Strasbourg.
Mes interlocuteurs évoquèrent les difficultés psychologiques auxquelles ils auraient
à faire face, mais soulignèrent qu’ils étaient suffisamment compréhensifs des
intérêts français pour ne pas risquer, „pour une partie de football“ de faire dévier la
politique franco-sarroise. J’insiste sur la très grande compréhension dont ils firent
preuve et sur leur promesse de me donner leur complet concours.
Les choses en étaient là, lorsque le jeudi 2 Juin dans la matinée, M. Wiehn me
téléphona pour m’indiquer que M. Morice venait de recevoir de Votre Excellence
une lettre dont je n’avais pas eu connaissance et dont les termes étaient diamétralement
opposés à ce qui avait été formellement convenu. Cette lettre dont
double est joint en annexe 4, m’a depuis été communiquée par la Sous-Direction de
la Sarre; elle appelle de ma part les observations suivantes:
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