européenne est établi, programme prévoyant au stade de sa réalisation définitive,
un organisme européen, auquel certains droits de souveraineté de la Sarre seraient
confiés.
La situation politique extérieure tout comme les circonstances intérieures sarroises
exigent de toute urgence la reprise des pourparlers concernant la Sarre. Dans le
domaine de politique intérieure, ce sont surtout les raisons économiques qui jouent
un rôle prépondérant et sur lesquelles je reviendrai. Mais également le fait que nous
allons devoir procéder dans un proche avenir - cette année encore - à des élections
communales justifie l’urgence de notre intervention. Que nous le voulions ou non,
toute élection prend chez nous un caractère de „politique générale sarroise“. Et le
Gouvernement et les partis politiques sarrois, en raison de la propagande que ne
manquera pas de se manifester de l’extérieur, se trouveront dans une situation très
difficile, s’ils ne peuvent s’étayer sur une programme comprenant une solution de
la question sarroise pouvant compter sur l’approbation de la majorité de la population
sarroise, - ce qui serait sans contredit le cas pour l’idée de l’européisation -
et pouvant compter également sur l’approbation des autres Etats et surtout sur celle
de la République Fédérale. En ce qui concerne la situation internationale, l’urgence
de la reprise des pourparlers au sujet de la Sarre, me paraît particulièrement fondée
par le fait que la question de la rémilitarisation allemande - de quelque sorte
qu’elle soit - et la question de la reconnaissance de la souveraineté allemande
seront saisies de suite. Si l’on devait ne reprendre les pourparlers sur une solution
de la question sarroise qu’après les conversations au sujet des deux questions susmentionnées,
les perspectives d’un résultat satisfaisant seraient bien minimes.
Aussi considérons-nous indispensable que la question sarroise soit déjà englobée
dans les grandes questions européennes au stade préparatoire des négociations. Si
une conférence à 9 doit avoir lieu prochainement, il serait très souhaitable que le
problème sarrois soit inscrit à son programme. La proposition du Délégué hollandais
au Conseil de l’Europe, M. van der Goes van Naters, actuellement débattue à
Strasbourg, me paraît à ce propos fort intéressante. Les problèmes résultant du
développement général de l’économie au cours des dernières années et les tâches
s’imposant à la Sarre par suite de la modernisation de l’industrie dans tous les pays
et surtout en France exigent une collaboration immédiate et permanente de nos
deux Gouvernements. Dans ce cadre, les principaux problèmes à résoudre sont: un
emprunt d’Etat, le règlement de l’administration des séquestres, le prix du
charbon - problème particulièrement important pour notre industrie de base -, et
dans la mesure du possible une augmentation des contingents d’importation
d’autres pays, car dans la négative, la garantie et l’élargissement de nos exportations
ne seraient pas assurés.
Ces problèmes économiques ne sont pas en connexion immédiate avec la solution
de la question sarroise, mais ils s’imposent dans le cadre de notre Union économique.
Un règlement satisfaisant de ces problèmes contribuerait à intensifier nos
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