Full text : Das Saarland zwischen Frankreich, Deutschland und Europa

Le  Président  a,  en  tout  cas,  souligné  avec  force  que  pas  un  Gouvernement,  en  eut-il
le  désir,  ne  pourrait  renoncer  au  „préalable  sarrois“  car  le  Parlement  français  repousserait
  toutes  propositions  relatives  à  Lorganisation  de  la  défense  occidentale  et
à  l’association  de  l’Allemagne  à  celle-ci  si  le  problème  sarrois  n’était  pas  réglé
auparavant.  Le  Président  a  mis  en  garde  M.  Hoffmann  contre  les  nouvelles  qui
pouvaient  être  répandues,  au  cours  des  semaines  à  venir,  et  a  attiré  son  attention  sur
le  fait  que  les  élections  américaines  du  2  Novembre  1954  inciteraient  peut-être  les
dirigeants  américains  à  prendre  des  positions  auxquelles  il  ne  faudrait  pas  attacher
trop  d’importance.  11  a  insisté  auprès  de  M.  Hoffmann  sur  l’impossibilité  pour  les
Américains  de  songer  sérieusement  à  organiser  la  défense  occidentale  en  dehors  de
la  France.  Il  a  indiqué  à  son  visiteur  qu’il  avait,  à  cet  égard,  consulté  l’Etat-Major
français  à  qui  il  avait  demandé  si  le  Pentagone  pourrait  sérieusement  songer  à  se
désintéresser  de  la  position  française.  La  réponse  avait  été  formellement  négative.
J’ai  alors  évoqué  les  propos  que  M.  van  der  Goes  van  Naters  m’avait  tenu  vendredi
à  Strasbourg  au  sujet  de  la  fixation  d’un  délai  de  5  à  6  ans  pour  la  réalisation  de  la
Communauté  politique.  Je  signale,  en  passant,  que  M.  Hoffmann  m’avait,  avant
l’entretien  avec  M.  Mendès-France  [sic],  confirmé  qu’il  ne  voyait  effectivement
pas  d’autre  solution  que  d’accepter  la  fixation  d’un  délai,  celui-ci  pouvant
d’ailleurs  être  supérieur  aux  5  ou  6  années  envisagées  par  M.  van  Naters.  Le
Président  a  dit  à  M.  Hoffmann  que  ce  moyen  de  pression  était  intolérable  et  que,
quelque  soit  le  vote  qui  puisse,  sur  ce  point,  intervenir  à  Strasbourg,  celui-ci
n’aurait  aucune  influence  sur  le  Gouvernement  français  qui  s’en  tiendrait
strictement  à  sa  conception.  Le  Président  n’a  d’ailleurs  pas  défini  cette  conception
et  M.  Hoffmann  s’est  contenté  de  cette  affirmation  tout  particulièrement  énergique.
Le  Président  a  indiqué  à  M.  Hoffmann  que  l’essentiel  était  d’aller  vite,  qu’il  fallait
éviter  les  solutions  plus  ou  moins  confuses,  les  traités  comprenant  plusieurs  centaines
  d’articles  et  les  interminables  travaux  d’experts.  Il  entendait,  le  moment
venu,  examiner  le  problème  sarrois  au  cours  d’un  entretien  à  deux  et  n’acceptait
pas  que  soient  associés  à  la  discussion  des  pays  que  celle-ci  ne  regardait  pas.
Les  problèmes  économiques  ont  ensuite  été  évoqués.  Le  Président  a  fait  savoir  à  M.
Hoffmann  qu’il  approuvait  entièrement  l’idée  de  la  création  d’une  commission
franco-sarroise  qui  serait  chargée  d’étudier  ceux-ci  et  qu’il  savait  que  M.  Edgar
Faure  était  entièrement  d’accord  sur  ce  point.  Il  souhaitait  que,  là  aussi,  nous
agissions  avec  célérité.
[...]

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