Par ailleurs au cas où une des étapes et notamment la troisième ne serait pas
franchie au bout d’un laps de temps que les Allemands estimeraient excessif, ils
pourraient remettre en cause le règlement intervenu.
D’ailleurs au cas où juridiquement cet argument serait considéré comme contestable
en ce qui concerne la troisième étape il faut bien reconnaître qu’en
approuvant le projet qui nous est soumis le Gouvernement français s’engage
moralement à faire tous ses efforts en vue de „la création de la Communauté politique
européenne“ telle qu’elle est prévue dans la décision des Ministres prise à
Luxembourg, le 19 Septembre 1952. D’autre part l’évocation de „l’autorité qui
exerce les fonctions du Commissaire européen pour la Sarre après la création de la
Communauté politique européenne“ est dangeureuse. Il faut que ce point soit précisé
car nous risquons à ce moment par la substitution de l’organe exécutif européen
au Commissaire européen de provoquer la création d’une „Commission de
Gouvernement“. C’est là une idée chère aux Allemands et c’est certainement ce
qu’ils visent.
A signaler qu’aux termes de la nouvelle rédaction adoptée pour l’article 19 les
garanties ne visent que le statut européen de la Sarre. Il convient de faire préciser à
quel moment ce statut intervient. Il semble, d’après la rédaction de l’article 1, que
ce ne soit qu’au cours de la troisième étape.
3°) Article 12
a) Pas d’observations sur le paragraphe A qui reprend le texte de notre projet du 8
Mars.
b) On ne peut s’empêcher d’établir un lien entre le „but“ prévu à l’article 1er et le
„but“ prévu au paragraphe B de l’article 12. Il semble bien que l’idée des Allemands
est que le but économique, à savoir l’établissement entre la Sarre et l’Allemagne
de relations semblables à celles qui existent entre la France et la Sarre, doit
être atteint au plus tard lors du franchissement de la troisième étape. Or, rien ne
permet d’affirmer que l’unification économique de l’Europe qui seule peut permettre,
sans imposer le rétablissement d’une douane à la frontière franco-sarroise,
de supprimer en fait la douane entre la Sarre et l’Allemagne sera réalisée lors de
l’éventuelle constitution de la Communauté politique européenne. Il est donc certain
que si l’on vise pas expressément l’unification économique et monétaire de
l’Europe le paragraphe B est un non sens car il ne saurait y avoir, en dehors de
cette unification européenne, existence simultanée d’une union économique francosarroise
et d’une union économique germano-sarroise.
Il faut, à cet égard, souligner une nouvelle fois ce que M. Teitgen ne pouvait évidemment
savoir, que M. van Naters a pris le soin d’isoler le marché commun
franco-sarrois de l’union monétaire et douanière franco-sarroise et que c’est en partant
du marché commun franco-sarrois qu’il propose l’établissement de „rapports
correspondants“. Nos experts ont estimé que, même sur le plan limité du marché
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