des salaires seraient soumis aux deux Gouvernements, rend à mon avis indispensable
cette nouvelle rencontre.
Au sujet du fond du problème, je tiens à insister une nouvelle fois sur la nécessité
de réaliser, à l’égard des mineurs sarrois, une assimilation que nous nous sommes
acharnés, dans le cadre même du rattachement économique, de mettre en œuvre
dans tous les autres secteurs économiques. Cette assimilation devrait être réalisée
en appliquant aux ouvriers mineurs sarrois travaillant à la tâche le même glissement
que celui pratiqué en Lorraine; pour les ouvriers travaillant en régie le principe de
l’assimilation implique un reclassement, grâce auquel les ouvriers sarrois seraient
placés dans la même catégorie que les ouvriers mineurs lorrains exerçant les
mêmes fonctions.
Cette assimilation étant réalisée, il va de soi, qu’au fur et à mesure que les
disparités qui existent entre les salaires des mineurs lorrains et ceux des mineurs
des autres bassins français seraient résorbées, les ouvriers mineurs sarrois
suivraient exactement le sort des ouvriers du bassin de Lorraine.
Il va également de soi que les mineurs sarrois devraient bénéficier des mêmes
avantages en nature que les mineurs lorrains et que la charge représentée par le
paiement en Sarre de cinq jours fériés qui ne sont pas payés en France serait
déduite du salaire des mineurs sarrois.
Quant à la différence de rendement, je dois à nouveau insister sur le fait qu’elle est
due à trois facteurs:
1/ - différence de qualité des gisements; ce sont les sièges de Cuvelotte et de
Merlebach qui permettent aux houillères lorraines d’obtenir un rendement moyen
plus élevé que le rendement moyen sarrois.
Les mineurs des autres sièges lorrains n’en perçoivent pas moins un salaire
identique à celui des mineurs qui travaillent à Cuvelotte et à Merlebach.
Comme il est incontestable que, malgré la barrière politique qui le scinde, le bassin
sarro-lorrain forme géographiquement, économiquement et socialement un tout, ce
que démontre l’amodiation du Warndt et le nombre très important d’ouvriers
sarrois travaillant en Lorraine, il n’y a aucune raison pour que les mineurs de
Velsen perçoivent un salaire moindre que ceux de Petite Rosselle {distants de trois
kilomètres.}
Toute autre solution que celle de l’assimilation ne peut être considérée par les
mineurs travaillant en Sarre que comme une exploitation injustifiée.
2/ - différence entre les améliorations techniques réalisées en Lorraine depuis cinq
ans et celles réalisées en Sarre; cette différence provient de ce que la Sarre n’a reçu
sa cote-part [sic] sur les 99.521 millions de francs qui ont été attribués, au titre de
l’aide américaine, aux Charbonnages de France du 1er Avril 1948 au 31 Août
1950.
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