Full text : Das Saarland zwischen Frankreich, Deutschland und Europa

s’expliquait  pas  seulement  par  l'aide  spirituelle  mais  par  les  subsides  qu’ils
recevaient  de  la  France.  Peut-être  la  séance  du  Comisco  nous  fournira-t-elle
l’occasion  de  parler  une  fois  en  toute  franchise,  au  cas  où  un  tel  calomniateur  se
présenterait  là-bas.  Il  semble  bien  que  les  milieux  socialistes  eux-mêmes  n’aient
pas  compris  toute  l’importance  qu’il  convient  d’attribuer  à  la  question  sarroise  dans
le  problème  des  dédommagements  dus  à  la  France  après  l’effroyable  IIe  Guerre
mondiale;  pour  parvenir  à  une  union  européenne  et  pour  amener  la  France  à  y
adhérer  de  bon  cœur,  il  ne  nous  paraît  pas  à  nous,  Sarrois,  que  la  Sarre  soit  un  prix
trop  élevé.
Imaginons  un  peu  ce  qu’il  serait  advenu  de  la  Sarre  si  elle  avait  dès  le  début
accueilli  les  revendications  françaises  comme  le  font  aujourd’hui  le  Gouvernement
Fédéral  de  Bonn  et  les  politiciens  allemands,  malheureusement  aussi  les  socialistes.
Nous  serions  redevenus  les  „frères  menacés“,  gémissant  sous  le  joug  de  la  France.
Les  sentiments  nationalistes  et  anti-français  se  seraient  laissés  ranimer,  ce  qui
n’aurait  pu  qu’être  déplorable.  Peut-on  douter  un  seul  instant  qu’une  telle  situation
ait  dû  déchaîner,  depuis  la  Sarre  jusqu’à  Königsberg,  un  élan  nationaliste  dont  les
événements  actuels  et  les  discours  d’Adenauer  et  de  Schumacher  ne  donnent  qu’un
petit  avant-goût?  Est-il  une  seule  personne  au  monde  qui  croie  que  les  discussions
intereuropéennes,  l’évolution  politique  de  l’Allemagne  et  ses  rapports  avec  les  états
vainqueurs  aient  pu,  dans  de  telles  conditions,  approcher  même  de  loin  le  degré  de
compréhension  réciproque  auquel  on  est  parvenu  aujourd’hui?  Cette  petite  mise  au
point  suffira  peut-être  à  faire  comprendre  qu’en  s’attaquant  à  la  question  sarroise,
les  Sarrois  n’avaient  pas  peur  des  responsabilités  et  qu'ils  étaient  animés  d’un
esprit  véritablement  européen;  peut-être  aussi  fera-t-elle  comprendre  le  vilain  rôle
joué  par  ceux  qui  voudraient  expliquer  l’attitude  des  Sarrois  par  des  considérations
d’intérêt  personnel  et  matériel.
La  question  sarroise  ne  peut  être  résolue  par  une  décision  populaire.  Un
rattachement  politique  à  l’Allemagne  réduirait  à  néant  le  rattachement  économique
et  saperait  à  la  base  la  première  ébauche  de  l’œuvre  de  paix.  Si  les  Alliés  et  surtout
la  France  désiraient  cette  destruction,  notre  tâche  serait  dès  maintenant  terminée.  II
ne  nous  resterait  plus  qu’à  brûler  la  Constitution  de  la  Sarre  et  à  considérer  le
chemin  parcouru  depuis  la  guerre  comme  une  erreur  tragi-comique.  Il  est
indispensable  de  le  préciser  bien  clairement  afin  d’éviter  que  le  S.P.D.  et  Factuel
Gouvernement  Fédéral  ne  puissent  obscurcir  et  déplacer  le  problème  à  la  face  de
l’opinion  mondiale.  Les  Sarrois  veulent  servir  la  cause  de  la  paix  et  de  l’union
européenne,  et  ils  sont  en  train  de  le  faire  de  tout  leur  cœur  et  avec  toute  leur  bonne
volonté.  A  cet  égard  le  mémorandum  du  SPD  fait  preuve  d’un  dilettantisme  digne
d’un  orateur  de  réunion  publique  n’ayant  d’autre  souci  que  de  capter  les  voix  et  de
bourrer  les  crânes  des  profanes  de  la  politique.

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