Lorsqu’il fut démontré que le rattachement politique était rejeté tant par la France
que par la Sarre, ce mouvement, qui toujours a fait preuve d’un penchant particulier
pour la nation française a modifié ses plans. Il est évident que les membres de cette
association étaient à priori considérés par les troupes d'occupation, comme des
amis de la France et non comme des nationaux-socialistes ennemis. Mais le fait que
ce mouvement ne soit jamais entré en lice comme parti politique, montre
clairement que les services français en Sarre, ne lui ont pas accordé l’importance
que lui attribue le mémorandum. Il aurait été extrêmement facile, au Gouverneur
Militaire, puis au Haut-Commissaire, de reconnaître ce mouvement comme parti
politique et de le soutenir. Naturellement le MRS qui n’avait pas d’activité
politique propre et qui se composait de membres de tous les partis, a essayé de faire
entrer au Parlement des candidats représentant ses opinions. Si certains services
subalternes se sont vantés de l’appui du Haut-Commissaire ou du Gouverneur
militaire, ils l’ont fait pour les besoins d’une propagande qui n’était pas voulue en
haut lieu.
Parmi les 17 députés du groupe parlementaire social-démocrate, on trouve deux
membres du MRS. Ceux-ci n’ont jamais essayé d’influencer leur groupe dans le
sens d’un rattachement politique à la France. Ils n’ont bénéficié d’aucun avantage
qui eût été refusé aux autres membres de ce même groupe parlementaire.
On ne trouve parmi les membres du Gouvernement qu’un membre du MRS ayant
simultanément la nationalité sarroise et la nationalité française. Les cinq autres
ministres n’ont jamais fait partie du MRS et ont seulement la nationalité sarroise.
Tous les Ministres, à l’exception de deux, ont été reconnus victimes du fascisme.
[••■]
VIL
Le mémorandum prétend d’autre part qu'au moment des élections parlementaires
du 5 octobre 1947 la population sarroise n’a pas eu connaissance du texte de la
Constitution. Il faudrait tout d’abord faire remarquer que les élections du 5 octobre
n’ont eu d’autre but que de désigner des députés qui à leur tour, après débats au
sein du Parlement, mirent en vigueur la Constitution, le 15 décembre 1947, par
48 voix contre 2 voix communistes. L’article de Monsieur Ernst Roth, publié dans
la „Volksstimme“ du 1er Octobre 1947 prouve déjà avec quelle insistance les
électeurs furent avertis de l’importance des élections. Le Préambule était évidemment
la partie essentielle.
[...]
Le Gouvernement de la Sarre avait réparti entre toutes les communes 100.000 exemplaires
du projet de Constitution, et il avait en outre fait faire 4.000 exemplaires
de grand format, destinés à l’affichage. De cette manière les personnes n’ayant pas
l’habitude de lire le journal ont été, elles aussi, informées du texte exact du
Préambule et de la Constitution [...]. Un correspondant de la revue allemande „die
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