charbonnière est, et a toujours été, placée sous l'administration de l’Etat, et qu’en
France aussi les mines sont nationalisées. Par ailleurs, toutes les autres entreprises
de l’industrie lourde sont soumises, en ce qui concerne les investissements de
capitaux privés, à la même règlementation que dans n’importe quel autre pays
européen. En outre, si l’on avait à combattre les revendications excessives du
capital privé, le rapport des forces politiques au sein du Gouvernement serait pour
le moins plus favorable en Sarre que dans la plupart des autres pays européens,
exception faite peut-être de l’Angleterre.
IV.
Dans sa deuxième partie, le mémorandum du SPD voudrait faire croire qu’en Sarre
la population vit dans la misère et que les politiciens tremblent de peur, bâillonnés
et subjugués par la puissance militaire ou administrative française, sans avoir la
possibilité d’exprimer leur libre volonté.
Le mémorandum oublie d’abord de dire que les politiciens sarrois ont presque sans
exception combattu le national-socialisme au péril de leur vie. Sur les 17 députés
que le parti social-démocrate compte au Parlement, 10 ont souffert dans les geôles
hitlériennes, sans que le national-socialisme ait réussi à les faire changer d’opinion.
Comment ces hommes pourraient-ils aujourd’hui avoir peur d’une nation civilisée!
Il se peut que certains nationaux-socialistes, reconnus coupables, aient craint la
puissance d’occupation. Mais ceux qu’on savait avoir lutté contre le nationalsocialisme
ont été respectés, honorés et l’on a reconnu leur mérite, ainsi qu’il le
devait. En s’en prenant à ces champions de la liberté, la puissance occupante aurait
risqué de graves répercussions dans son propre pays. Disons encore, à l’honneur de
la puissance d’occupation que les services français en Sarre se sont toujours
montrés corrects et serviables, ainsi que M. Ernst Roth, député au Bundestag, l’a
reconnu lui-même autrefois dans une lettre par laquelle il assurait de son
dévouement le Gouverneur Militaire de Sarrebruck.
Guidée et conseillée par ces politiciens - car au sein du parti chrétien-populaire
(CVP) il y avait également des hommes ayant lutté contre le national-socialisme et
à leur tête M. le Ministre-Président Hoffmann - la population ne s’est jamais sentie
abandonnée. 11 faut avoir assisté aux débats sur les diverses questions concernant
l’organisation de notre autonomie et de notre économie, pour savoir quelle liberté
et quelle franchise furent autorisées dans ces délibérations.
V.
Le jugement porté sur le MRS (Mouvement pour le Rattachement de la Sarre à la
France) à la page 4 du mémorandum, est une déformation malveillante de la vérité.
La majorité des membres du MRS ne désiraient le rattachement politique à la
France, que parce qu’ils croyaient, par ce moyen, servir la cause de la paix et de
l’entente avec la France.
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