IV.
A l’occasion des Congrès annuels du 30 juin 1946 et du 15 juin 1947, le Parti
Social-Démocrate de la Sarre s'était unanimement prononcé en faveur du
rattachement économique à la France, et l’influence de M. Ernst Roth, actuellement
député au Bundestag, avait été pour une grande part dans le vote de ces résolutions.
L’unanimité fut encore réalisée lors des congrès de 1948 et 1949. Le Président Kirn
déclara au Congrès du 15 juin 1947:
„Le comité directeur élargi s’est prononcé en faveur du rattachement économique
de la Sarre à la France dès avril 1946. Sa décision a trouvé l’approbation unanime
du Premier Congrès annuel, tenu en 1946. Les élections de septembre de la même
année, organisées sur le thème du rattachement économique, ont donné une
majorité écrasante aux partis du rattachement.
La population toute entière espérait que la Conférence des Quatre Puissances à
Moscou apporterait une décision. L’Angleterre et l’Amérique ont adhéré aux idées
de la France. Mais la Russie a cru devoir encore refuser son consentement.
Nous considérons le rattachement économique comme une chose décidée. 11 ne
reste plus qu’à trouver sa forme juridique, c’est-à-dire à faire un „statut de la Sarre“
qui donne une base solide à notre Constitution.
Le SPS répudie la situation de droit public qui fut celle de 1920 à 1935; il cherche
à établir un état de choses durable. Nous ne voulons plus d’un nouveau 1935! Le
chauvinisme irrédentiste sous ses diverses formes n’a pas sa place en Sarre!“
[...]
V.
Une Commission, composée de représentants de toutes les tendances politiques (y
compris les Communistes), travaillait depuis le 13 mai 1947 à un projet de
constitution qui fut publié le 25 septembre 1947. Chacun (et même le délégué
communiste) partait du principe que les conséquences du rattachement économique
à la France devaient être précisées dès l’abord dans un Préambule à la Constitution.
Ainsi que M. Roth lui-même le constate dans le mémorandum du SPD (lettre b), le
rattachement économique à la France entraînait nécessairement l’indépendance
politique à l’égard de l’Allemagne.
Cette conséquence était particulièrement évidente pour les Socialistes qui
considèrent l’appareil politique de l’Etat comme une simple superstructure coiffant
l’économie. Si l’on fait abstraction d’une domination étrangère quelconque, le
rattachement économique n’offrait que deux possibilités:
1) Rattachement économique et rattachement politique à la France, solution que
rejetèrent unanimement les deux parties.
2) Rattachement économique à la France et autonomie politique de la Sarre.
Déjà la Société des Nations, après la Première Guerre Mondiale, avait admis que
l’exploitation des Mines par la France excluait la souveraineté politique de l’Alle¬412