B) - Deuxième partie
L’Evolution Récente
I.
Pour tout homme de bon sens, il était clair en 1945 que la France obtiendrait des
ses Alliés le charbon sarrois et une partie au moins de l’industrie sarroise à titre de
réparation ainsi que comme gage de sa sécurité. 11 était de même évident que la
France, pays de la Déclaration des Droits de l’Homme, ne ferait pas valoir ses
droits par les mêmes procédés que les Soviets et la Pologne en Allemagne
Orientale. Néanmoins la question des Réparations restait, pour la Sarre, une
question d’importance capitale. Dans uns pays ne produisant guère autre chose que
du charbon, du fer et de l’acier, tout démontage était un coup mortel, impossible à
parer, et qui frappait une grande partie de la population dont la densité était de 430
habitants au km2.
[...]
Le 10 avril 1946, le Parti Social-Démocrate s’engagea dans la même voie que son
Secrétaire Général par une déclaration dont voici le texte résumé:
„Le Parti Social-Démocrate de la Sarre considère la création des Etats-Unis
d’Europe comme la seule possibilité de résoudre les problèmes politiques, économiques
et sociaux qui se posent aux peuples d’Europe après la seconde guerre
mondiale Pour cette raison, le Parti Social-Démocrate de la Sarre n’opposera
aucune difficulté au rattachement économique à la France Il y consentira
d’autant plus volontiers que de cette façon, tout en servant les intérêts vitaux de la
Sarre et de sa population laborieuse, il pourra montrer comment il voudrait
contribuer à la solution de l’ensemble des problèmes européens.“
III.
Les premières élections municipales eurent lieu en septembre 1946, alors que la
situation politique générale était celle ci-dessus décrite (cf. I et II) - 93 % de la
population participèrent au vote. Les résultats furent les suivants:
CVP (Parti Chrétien Populaire) 52,3 %
SPS (Parti Social-Démocrate) 25,5 %
KP (Parti Communiste) 9,1 %
Indépendants 13,1 %
Les voix données au CVP et au SPS étaient en faveur du rattachement économique;
celles données aux indépendants étaient, pour la majeure partie, favorables au rattachement
même politique. Il y eut donc en tout 90,9 % des voix en faveur du rattachement
économique. Seuls les Communistes refusaient tout à la fois le rattachement
économique et politique.
411