Un journal mensuel, „Die Arbeit“, tire à 100.000 exemplaires.
Malheureusement, le principe de la représentation des tendances au sein des
organes directeurs de chaque syndicat avait été faussé au départ. En effet, par sa
discipline et le dynamisme de ses membres, le Parti Communiste avait réussi dès
l’origine et malgré le petit nombre relatif de ses adhérents à noyauter, particulièrement
dans le syndicat des mineurs, les organismes de direction.
La réticence ou l'apathie des syndicalistes chrétiens, frappés beaucoup plus
durement dans leurs cadres par l’épuration que les socialistes et les communistes,
avait facilité cette manœuvre.
C'est ainsi qu’une série d’incidents regrettables sont survenus, ces derniers étant
provoqués par le Président du syndicat des mineurs, le communiste Muller Oscar,
qui, abusant de sa situation et sans tenir compte de son comité, s’est livré à une
série de manifestations politiques de portée internationale dans le seul but de servir
les intérêts de son parti.
C’est cette situation anormale, qui justifie pour une part la demande, dont le
Gouvernement Militaire de la Sarre a été saisi, de la part d’un groupe de syndicalistes
chrétiens, le 4 mars 1947, visant à la scission du syndicat unique des
mineurs et à la constitution d'un syndicat chrétien des mineurs.
Il est évident que, sur le plan strictement syndical, la constitution de syndicats à
tendances politiques est une hérésie, puisque aussi bien les syndicats doivent par
définition se consacrer exclusivement à la défense des intérêts professionnels de
leurs adhérents.
Il est certain, d’autre part, que sur le plan politique intérieure, cette scission n’est
pas désirable et ne pourrait avoir comme conséquence qu’un regain de luttes entre
des syndicats hostiles et qui ferait dévier les uns et les autres de la tâche essentielle
que nous attendons d’eux: l’éducation de la classe ouvrière.
C’est pourquoi tous les efforts du Gouvernement Militaire tendent actuellement à
mettre fin à la situation anormale que constitue la présence de M. Oscar Muller à la
tête du syndicat des mineurs, en provoquant son départ et en donnant au syndicalisme
chrétien la place qui lui revient normalement dans les organes directeurs de
ce syndicat.
Si l’action du Gouvernement Militaire aboutit, le seul argument valable présenté
par les syndicalistes chrétiens tombera et le syndicat unique pourra continuer à
vivre.
Si cette action échouait, il est évident qu’il serait difficile de prolonger une situation
politiquement insoutenable.
Il faut espérer que les militants du syndicat des mines, placés devant leurs
responsabilités, sauront, avec l’appui de la direction de l’Union des Syndicats,
prendre les mesures nécessaires pour faire disparaitre les causes d’un malaise qui
risque de marquer la fin de l’union syndicale en Sarre.
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